Après les chèques déjeuner, vacances, loisirs et cadeau, voici le chèque santé

Deux jeunes entrepreneurs montpelliérains, Vincent Daffourd et Guillaume Gallois viennent de lancer Chèque Santé, premier titre prépayé dédié aux prestations préventives de santé.

 

Chèque Santé sera commercialisé à compter du 1er septembre prochain. Ce titre service d’un nouveau genre est calqué sur les chèques déjeuner, vacances, cadeau, ou loisirs déjà bien ancrés dans le paysage. Il sera financé par les entreprises, les mutuelles, les collectivités locales, voire les associations de malades. La valeur faciale pourra être entièrement ou partiellement prise en charge, selon des modalités négociées (avec les représentants du personnel, dans le cas des entreprises). Le bénéficiaire l’utilisera auprès des prestataires affiliés : ostéopathes, spécialistes médicaux non conventionnés, thérapeutes, etc. Il pourrait par ailleurs s’en servir pour régler des dépassements d’honoraires ou des prestations sur devis comme les prothèses et les équipements d’orthodontie.

Parmi les usages les plus évidents, Vincent Daffourd cite la prévention des maladies professionnelles telles que les TMS et les risques psychosociaux. Il cible aussi la nutrition et l’hygiène. Et rien n’empêche les employeurs et les mutuelles de flécher l’utilisation de ces titres. Il s’agit de « faciliter l’accès de tous aux prestations de santé préventives et non médicamenteuses, en offrant une liberté de choix parmi les professionnels diplômés référencés », résument les jeunes entrepreneurs, installés dans un incubateur à Montpellier.

Leur modèle économique est fondé sur les frais de gestion réglés par les affiliés (les professionnels de santé préventive), et les clients (les employeurs, mutuelles et associations), en contrepartie d’une quasi absence de traitement administratif, sachant que le chèque est dématérialisé. Le projet qui avait été primé dans le cadre d’un concours de start-ups parrainé par Fleur Pellerin alors ministre de l’Economie numérique, est soutenu par le Conseil régional du Languedoc Roussillon, et par le président de l’agglomération de Montpellier, Philippe Sorel, chirurgien de profession. Bon prince, le groupe Chèque Déjeuner qui avait, un temps, caressé cette idée avant de l’abandonner, a donné un coup de main à la start-up en lui fournissant des éléments de sa propre veille stratégique. Le démarrage s’annonce prometteur. Plusieurs comités interentreprises dont un regroupant près de 46 000 salariés ont déjà signé. Plusieurs grands comptes, intéressés, attendent d’avoir négocié avec les syndicats pour se positionner. L’abondement moyen observé jusqu’ici est de 150€, couverts à 100% pour le premier chargement, et à 50% à partir du second. Le principe, made in France, a déjà franchi les frontières : des acteurs de Grande Bretagne et du Québec ont déjà contacté le tandem d’innovateurs.