Burn-out : vive polémique entre la Haute autorité de santé et la CFE-CGC

Le sujet du syndrome d’épuisement professionnel est certes controversé, mais la polémique naissante entre a Haute autorité de santé (HAS) et la CFE-CGC est inattendue. On attend l’arbitrage de la nouvelle ministre de tutelle et les positions des différents acteurs.

Cet scénario s’est déroulé en deux temps. Premier acte : la Haute autorité de santé publie une note sur le burn-out. En apparence, elle n’a rien de renversant. L’organisme rappelle que ce problème, complexe, est « mal connu, difficile à repérer, parfois diagnostiqué à tort ou confondu avec d’autres troubles psychiques ». La HAS déplore aussi que le terme, banalisé à outrance, est utilisé à tort pour désigner le stress, la grande lassitude ou la fatigue par rapport à son travail. Tout en reconnaissant que le phénomène peut avoir des conséquences graves sur la santé et la vie sociale des personnes touchées, l’organisme affirme que « ce n’est pas une maladie en tant que telle ». Avant de faire des recommandations pour le combattre. Elle préconise notamment de repérer les manifestations du burn-out qui peuvent varier d’un individu à l’autre. Elle recommande aussi d’analyser les conditions de travail et les facteurs individuels ; de personnaliser la prise en charge ; d’agir sur le contexte socioprofessionnel et d’accompagner le retour au travail.

 

Acte2 : l’analyse de la HAS fait bondir les experts de la CFE-CGC . Selon le syndicat qui bataille depuis des lustres pour la reconnaissance du burn out comme maladie professionnelle, affirmer que le syndrome d’épuisement professionnel n’est pas une maladie spécifique avec un marqueur biologique spécifique, et laisser entendre qu’il existe des facteurs personnels qui peuvent influer sur son apparition , c’est tout simplement « irrecevable ». La CFE-CGC frappe fort : « la Haute autorité de la santé montre sa méconnaissance de la santé au travail ».

 

Pour la confédération de la rue du Rocher, « mettre en avant les facteurs personnels c’est faire un pas vers la déconstruction du principe de la présomption d’origine : un cancer chez un travailleur de l’amiante pourrait être dû au tabac ». Elle va plus loin : « Demain, comme pour le burn-out, les salariés devront apporter la preuve que leur pathologie professionnelle est essentiellement due au travail ». Or, disent ses spécialistes, « le burn-out existe, nous l’avons rencontré, il fait le lit des arrêts de travail longe durée et des reconnaissances en invalidité maladie (financées par la collectivité) mais aussi de l’inaptitude et de la perte d’emploi »

 

On attend l’acte 3, à savoir la réaction à la réaction et surtout l’acte 4, les positions des médecins spécialisés et des autres acteurs de la santé au travail.

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