Canicule et Covid-19 au travail : il est impératif de renforcer les mesures de prévention

Météo France annonce des vagues de chaleur pour l’été et une redoutable (et redoutée) période de canicule. Comment y faire face dans le contexte de crise sanitaire actuel ? Quelles sont les mesures que les employeurs doivent mettre en place pour préserver la santé de leurs salariés ? Les conseils des juristes des Éditions Tissot, spécialiste du droit social.

 

Selon l’instruction interministérielle qui précise les adaptations du Plan national canicule à mettre en œuvre dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 : « le territoire métropolitain pourrait se retrouver soumis simultanément à une circulation active du virus SARS-CoV-2 et à des vagues de chaleur durant la prochaine période estivale ». Le cocktail peut être explosif. Distanciation physique, hygiène des mains ou encore port du masque sont donc toujours de rigueur. En revanche, l’utilisation des ventilateurs et de la climatisation doit être limitée et l’aération des locaux, privilégiée. Les apports en air neuf permettent la dilution des virus présents dans les bâtiments.

 

L’employeur doit retranscrire dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) les risques liés aux ambiances thermiques et adopter les mesures de prévention permettant d’assurer la santé et la sécurité des salariés. En cas d’alerte « vigilance rouge » par Météo France, il devra réévaluer quotidiennement les risques encourus par chacun des salariés en fonction de la température et de son évolution en cours de journée ; de la nature des travaux devant être effectués, notamment en plein air ou dans des ambiances thermiques présentant déjà des températures élevées, ou comportant une charge physique ; de l’âge et de l’état de santé des travailleurs.

 

 

En fonction de cette réévaluation des risques, plusieurs mesures peuvent être prises.  Elles concernent :  l’aménagement de la charge de travail, des horaires et plus généralement de l’organisation du travail doivent être ajustés pour garantir la santé et la sécurité des travailleurs pendant toute la durée de la période de vigilance rouge . En outre, la liste des salariés bénéficiant du télétravail doit être réexaminée, en prêtant une attention particulière aux femmes enceintes, aux personnes souffrant de pathologies chroniques ou en situation de handicap, etc.

 

Si l’évaluation fait apparaître que les mesures prises sont insuffisantes, notamment pour les travaux accomplis à une température très élevée et comportant une charge physique importante, par exemple travaux d’isolation en toiture ou de couverture, manutention répétée de charges lourdes, l’employeur doit alors décider de l’arrêt des travaux.