Carrière : les cadres reprennent goût à l’aventure

Depuis le début de la crise financière, les cadres restent de plus en plus longtemps dans un poste : en moyenne, quatre ans et deux mois. Toutefois, ils reprennent goût au changement, selon l’édition 2016 de l’enquête  Mobicadres  que publient Nomination, fournisseur de solutions d’efficacité commerciale, et  Deloitte.

Pour la première fois depuis la crise économique de 2008, le taux de mobilité externe dépasse celui de la mobilité interne. C’est le signe d’une confiance retrouvée. Il fait moins froid dehors, on s’y aventure. Albérique Jabalot, associée chez Eric Salmon & Partners précise : « Les recruteurs perçoivent le marché comme porteur sur les 18 derniers mois, avec une mobilité accrue notamment en externe. Les cadres cherchent des opportunités en dehors de leur entreprise lorsqu’ils ont l’impression de ne pas avoir des perspectives d’évolution suffisamment rapides, intéressantes ou de nature à développer des compétences favorisant leur carrière à long terme ».

 

Bien sûr, tout dépend de l’âge du candidat. Plus il est jeune, plus il est téméraire. Un cadre de moins de 40 ans sur ont été mobiles sur l’année 2015. La taille  de l’entreprise influe aussi : Dans les entreprises de moins de 50 salariés, 67% des mobilités sont externes . Normal, les petites structures peuvent constituer une expérience à forte valeur ajoutée, mais n’offrent généralement pas autant d’opportunités de développement que les grands groupes.

 

Avantage à ceux qui savent  réseauter, surtout au sein de leur entreprise. « Les opportunités de mobilité sont majoritairement issues du réseau. Si 60% des promotions proviennent de bonnes relations avec son management, le réseau « interne » est la clé de la mobilité dans 22% des cas », expose Serge Papo, président de Nomination. Mais mobilité ne rime pas toujours avec jackpot. Le niveau médian d’augmentation lors d’une promotion se situe entre 5% et 10%.  Les happy few décrochent plus de 20% d’amélioration (ils représentent 16% du panel, une proportion stable par rapport à l’an dernier). On observe même le phénomène inverse : d’année en année, plus de salariés acceptent une diminution de leur salaire lors d’un changement  (11 % en 2015, contre 9%  précédemment). «  Ce phénomène est plus fréquent encore chez les décideurs âgés de 55 ans et plus », soulignePhilippe Burger, associé chez Deloitte. Mais il tempère : « Il y a un seuil de rémunération en dessous duquel le réel désengagement peut poindre ».

 

Encore que d’autres facteurs interviennent. Philippe Burger cite : «  le développement des compétences, la recherche de nouvelles missions, de défis  à relever ». L’étude confirme que les trois premières raisons qui poussent à la mobilité sont:  l’extension des responsabilités, la perspective , d’évolution de carrière et le besoin de changer d’environnement. La paie se classe au quatrième rang.