Cegos : le climat social s’est fortement dégradé dans les entreprises

Le climat social se dégrade dans les entreprises. C e la fait plusieurs années que l’enquête annuelle de Cegos le constate. Mais en 2014, la détérioration est encore plus nette, soulignent Annick Haegel manager au sein du pôle RH-capital humain et Virginie Loye responsable des formations en RH et gestion des compétences au sein du cabinet.

Environ 53% des salariés interrogés jugent que l’ambiance est nettement moins folichonne, et un sur quatre précise qu’elle s’est « beaucoup » assombrie. L’employé lambda n’est pas seul à faire ce navrant constat. Les managers, séparément sondés, partagent cet avis, dans une proportion quasi identique. Seuls les DRH et responsables de ressources humaine, habituellement plus optimistes et toujours politiquement corrects, relativisent, en étant seulement un tiers à confirmer la tendance.

Les réorganisations ne sont pas étrangères au sentiment général. Cegos note que les plus pessimistes sont aussi ceux qui ont vécu des restructurations. Conséquence directe de la situation, les risques psychosociaux montent encore d’un cran. Plus d’un salarié sur trois dit subir « un stress régulier ».C’est le cas de 68% des managers et de 71% des DRH, placés en première ligne lors des réorganisations. Et d’une façon générale, que l’on soit collaborateur de base ou encadrant, « ce stress a un impact négatif sur la santé ».

Les causes principales ne varient pas. Primo, la charge de travail, excessive pour cause d’effectifs insuffisants et de pression au résultat. Secundo, l’intrusion du boulot dans la vie familiale : ouvrier, cadres, techniciens y sont indifféremment exposés. Pire, un salarié sur quatre déclare avoir subi au cours de sa carrière une dépression ou un burn out.

Face à ce constat, les DRH s’emparent du sujet qualité de vie au travail, explique Virginie Loye. Trois sur quatre ont déjà mis en œuvre des actions de prévention et de suivi, ou y réfléchissent. A leur tour, les managers s’impliquent dans le sujet. Pour autant, ils n’ont pas les compétences ou la formation nécessaires pour faire face. Un chantier en perspective pour les entreprises.
L’enquête de Cegos (1135 salariés, dont 700 collaborateurs, 290 managers et 145 DRH ou RRH interrogés) souligne néanmoins des aspects positifs. Ainsi, les taux d’implication des travailleurs restent élevés, même si la motivation baisse. Explication : la valeur travail garde un sens très fort, de même que la conscience professionnelle. La peur de perdre son emploi joue également et incite à la performance. C’est particulièrement vrai de ceux qui ont un rôle d’encadrement.

Par ailleurs, l’étude a exploré les facteurs de motivation. Résultat, à la différence de l’année dernière, c’est la rémunération qui arrive en tête (60%) contre 45% l’an dernier), devant l’intérêt du poste et l’image de l’entreprise.