CICE : l’impact, satisfaisant selon Bercy, est relativisé par le Medef et critiqué par la CGT, la CFE-CGC et FO

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) a permis « une amélioration sensible des marges des entreprises » et sans doute la création ou la sauvegarde de 50.000 à 100.000 emplois en 2013 et 2014, estime un rapport du comité de suivi de la mesure et supervisé par France Stratégie.  Sur 2013 et 2014, le montant des créances des entreprises (crédit d’impôt au titre des salaires versés l’année précédente) s’est élevé à 28,7 Mds€.

 

C’est la première fois que le comité chiffre l’impact en termes d’emploi. Jusqu’ici il estimait l’évaluation difficile. Ces résultats sont diversement appréciés. À Bercy, on juge le résultat plutôt conforme à l’objectif. En réalité, le gouvernement tablait initialement sue la création de 200.000 emplois. « Ces premiers résultats nous confortent dans notre choix d’amplifier le CICE dans le projet de loi de finances 2017, ce qui soutiendra les créations d’emplois » l’an prochain, dit le ministère.

 

Le Medef reconnaît l’effet positif de la mesure, mais relativise l’impact réel, estimant que la fiscalité a augmenté, dans le même temps. En outre, le lien avec l’emploi ne lui semble pas si direct. FO et la CGT sont nettement critiques. Pour la confédération de Jean-Claude Mailly, « ces effets sont non seulement très incertains, mais même les estimations les plus optimistes fournissent un chiffrage désespérément faible compte tenu du coût exorbitant de l mesure ». FO insiste sur « la notion d’emploi sauvegardé qui demeure fortement sujet à caution ».

 C’est la même tonalité à la CGT.   La confédération de Montreuil résume le bilan du CICE en deux mots : gabegie et aubaine. « Le CICE a représenté 34 milliards d’euros en direction des entreprises, soit un coût de 340.000 euros par emploi, si l’on prend la fourchette haute des créations ou sauvegardes d’emplois ». Elle réclame en outre une évaluation de « l’ensemble des aides publiques destinées aux entreprises ». De son côté, le CFE-CGC  « constate  qu’en l’état actuel des éléments présentés, le pari du CICE est loin d’être gagnant et que ce résultat était malheureusement parfaitement prévisible. La confédération ajoute : « Cela confirme notre analyse que le dispositif, par sa trop grande généralité, n’a pas pris assez en compte les faiblesses de notre économie. Le déficit persistant du commerce extérieur nécessite la mise en place de mesures favorables à la compétitivité des secteurs exportateurs ».