Clause Voltaire : Laurent Wauquiez persiste et signe

Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne Rhône-Alpes (photo) , persiste  et signe : toute entreprise qui souhaite devenir prestataire de la collectivité territoriale qu’il dirige Région doit déclarer sur l’honneur qu’elle n’a pas recours à des travailleurs détachés, s’assurer que tous les salariés sur le chantier maîtrisent la langue française et se soumettre aux contrôles des brigades mandatées par la Région.

 

« Dans une Région où le secteur BTP emploie des centaines de milliers de personnes, je me refuse à assister passivement au démantèlement de notre tissu économique et à la faillite de nos entreprises, qui sont en concurrence déloyale sur leur propre marché avec des sociétés qui n’ont pas les mêmes obligations », répète-t-il.

 

L’année dernière, le conseil régional avait déjà décidé de réorienter ses achats et ses investissements vers l’économie et aux entreprises de notre région. C’est un pas de plus dans le sens de ce qui se veut du patriotisme économique. « Les entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics sont les championnes en la matière : en seulement dix ans, elles ont augmenté de 985 % leur part de travailleurs détachés concentrant à elles seules près de 40 % des salariés étrangers de France.  Aujourd’hui, dans un pays qui comptabilise près de trois millions de demandeurs d’emploi, où chaque année ce sont plus de 60 000 petites et moyennes entreprises qui font faillite, cette concurrence n’est pas équitable », insiste Laurent Wauquiez.

Pour la CGT, cette clause Molière reste une   » une disposition discriminatoire au lieu de vraies mesures pour lutter contre le dumping social ».  Pour elle, cette disposition est inacceptable, xénophobe, et discriminatoire parce qu’elle cible les salariés déjà en situation d’extrême exploitation. Tout le contraire de la bataille à mener contre ceux qui usent et abusent du dumping social et qui imposent des conditions de travail inacceptables.    

 

Le Medef a, de son côté, mis en garde contre les dérives. « Vous commencez comme ça, et puis après vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises, et puis vous finissez par sortir de l’euro », a averti le patron des patron, Pierre Gattaz.