Complémentaire santé : toujours plus de concentration dans un secteur qui se porte bien

Les rangs des acteurs de la complémentaire santé continuent de s’éclaircir,  constate un rapport de la Drees (ministère des Affaires sociales) signé Alexis Montaut . La concentration est particulièrement forte dans l’univers des mutuelles. En moins de quinze ans, leur nombre été divisé par trois, alors que celui des institutions de prévoyance s’est réduit de moitié.

 

La consolidation n’est sans doute pas achevée, le secteur mutualiste reste encore émietté. La Drees dénombre 453 structures assujetties à la taxe CMU en 2014 , contre 94 sociétés d’assurance et 26 institutions de prévoyance. À côté de quelques poids lourds gravitent une multitude de petites structures. Les mutuelles restent prédominantes sur le marché de la couverture santé complémentaire, un segment qui représente 84 % de leur activité. Elles pèsent un peu plus de la moitié de l’ensemble des primes collectées (33,9 milliards d’euros de cotisations). Mais leur poids diminue, au profit des sociétés d’assurances.

  C’est  également presque la moitié de l’activité des institutions de prévoyance (47 %), mais seulement 5 % de celle des sociétés d’assurance. « En raison d’une activité plus large et diversifiée, les sociétés d’assurance sont très souvent des organismes de grande taille en termes de chiffre d’affaires total, mais pas forcément des acteurs dominants sur le marché plus spécifique de la complémentaire santé. », explique le rapport. Les institutions de prévoyance sont toutes de grands acteurs d’assurance et de grands acteurs sur le marché de la santé.

 

Les mutuelles et les sociétés d’assurance non-vie proposent essentiellement des contrats santé individuels (trois quarts de leurs primes) alors que les sociétés d’assurance mixte et les institutions
de prévoyance sont nettement positionnées sur les contrats santé collectifs qui représentent aussi, symétriquement, plus de trois quarts de leurs primes. Depuis plusieurs années, les contrats collectifs , qui couvrent des salariés d’entreprise ou de branches professionnelles, gagnent du terrain sur les contrats individuels : ils représentent 43 % du marché en 2014 contre 41 % en 2009. . La généralisation de la complémentaire santé devrait accélérer la tendance.

 

Dans ce contexte, les organismes complémentaires dans leur ensemble dégagent des excédents sur leur activité santé. Le résultat technique en santé (produits de l’activité santé nets des charges)
est évalué à 0,8 % des primes collectées en 2014. L’activité santé est légèrement excédentaire depuis plusieurs années. En 2014, les organismes exerçant une activité de complémentaire santé sont globalement excédentaires puisque le résultat net dégagé représente 3,1 % des cotisations collectées. Chacune des catégories d’organismes est en moyenne excédentaire, y compris les institutions de prévoyance pour lesquelles l’activité santé est déficitaire. Les déficits en santé des institutions de prévoyance sont en effets compensés par des excédents sur l’activité Vie.

 

D’un point de vue prudentiel, indique le rapport, la situation des organismes qui exercent une activité santé n’appelle pas d’attention particulière, notamment s’agissant du respect des deux ratios prudentiels que sont la couverture des engagements réglementés et la couverture de la marge de solvabilité. »