Conciliation des temps de vie : le Haut conseil de la famille formule des recommandations audacieuses

Pour la première fois, la question du temps et des droits pour s’occuper de ses enfants, de sa famille et de ses proches en perte d’autonomie est abordée de manière globale dans un rapport adopté en décembre dernier par le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA). L’instance formule des recommandations pour que les intéressés parviennent à concilier leurs sphères familiale, professionnelle et sociale.

 

Le rapport balaie tous les dispositifs existants :  les congés, l’aménagement du temps ou de l’organisation du travail, ainsi que les éventuelles indemnisations qui y sont liées. Avant de formuler des propositions pour une meilleure prise en compte des impératifs de responsabilités familiales, dont trois sont particulièrement innovantes.

 

Primo, le HCFEA propose d’améliorer « les indemnisations qui cherchent à compenser, en partie, une baisse de revenu d’activité ». Il s’agit de généraliser l’indexation de ces indemnisations sur les salaires, et non sur les prix.

 

Secundo, le Haut conseil préconise d’élargir le congé parental pendant toute la période de responsabilité parentale (18 ans de l’enfant), en octroyant une période supplémentaire de 6 mois, non rémunérée, accessible entre le 3e et le 18e anniversaire de l’enfant. L’objectif étant de permettre un accompagnement dans les moments sensibles au-delà de la toute petite enfance. Entre autres cas, les difficultés pendant l’adolescence, des complications dues à la maladie ou au décrochage scolaire, à une crise familiale,à une séparation des parents, à des mutations professionnelles.

 

Tertio, le rapport prône l’ expérimentation d’un droit pour tout salarié parent ou aidant de demander à son employeur un passage au temps partiel, un aménagement de ses horaires ou un aménagement de son lieu de travail, l’employeur conserve le droit de refuser la demande, mais devrait motiver les raisons de ce refus. Ce dispositif, connu sous l’intitulé « right to resquest », existe dans plusieurs pays, les pouvoirs publics pourraient s’en inspirer.

 

Cela concerne environ 8 millions de familles comprenant au moins un enfant mineur (dont 1,8 million de foyers monoparentaux) et 8,3 millions de proches aidants. Déjà important, l’enjeu le sera encore plus dans les années à venir, sous l’effet du vieillissement de la population et de l’accroissement des besoins qu’il s’agisse des enfants et adolescents, ou des proches en situation de handicap ou de perte d’autonomie.