Congé individuel de formation : le piège de l’abandon

Le congé individuel de formation (CIF) permet aux salariés et aux demandeurs d’emploi, sous condition d’ancienneté de suivre une formation de leur choix.  Pourtant, les abandons sont nombreux. Uniformation,  organisme des entreprises de l’économie sociale, de l’habitat social et de la protection sociale, a enquêté auprès d’un échantillon de 311 personnes qui ont jeté l’éponge. 

 

Être à l’initiative de la démarche de formation n’empêche pas l’abandon. Au départ, la motivation est forte : les intéressés rêvent d’exercer un nouveau métier, de progresser dans leur job, ou de réussir un changement de secteur d’activité. Tous ne vont pas au bout de leur projet.

Pour près d’un bénéficiaire interrogé sur deux (41%) l’organisme de formation ou  la formation elle-même sont la cause de l’abandon ou de la rupture du CIF, notamment quand les admissions à la formation se font sur concours – aide-soignant, infirmier, auxiliaire de puériculture.  Quelques annulations de formation par le prestataire sont aussi évoquées, ainsi que l’éloignement géographique, la difficulté pour faire un stage peu rémunéré, ou encore le choix d’autre dispositif de formation, etc. Des raisons personnelles (problèmes de santé, changement de projet, situation financière, maternité…) entraînent également l’arrêt ou l’abandon du CIF dans 24% des cas étudiés. Enfin, des raisons professionnelles (20%), généralement dues à une sortie positive vers un autre contrat (CDI, nouvel emploi en lien direct avec le projet) peuvent aussi expliquer l’arrêt du CIF.

 

38% des répondants soulignent qu’une aide de l’employeur, en particulier dans le lien entre l’entreprise et l’OF pour l’organisation ou le financement, ou encore une aide de l’organisme formateur, notamment en matière de suivi du dossier ou de qualité du devis, ainsi qu’une meilleure prise en charge financière, auraient permis la poursuite de la formation.

 

Il n’y a pas davantage d’abandon ou de rupture chez les femmes que chez les hommes, mais les plus jeunes (24-35 ans) ont une légère propension à plus abandonner ou interrompre leur CIF par rapport à leurs aînés.  Les personnes les plus qualifiées , celles visant des formations de niveau I, II, et  III, c’est-à-dire, grosso modo, au-delà du bac,  rompent ou abandonnent moins souvent que les autres.