Congrès de l’Unsa : Luc Bérille appelle le gouvernement à se montrer « inventif »

À l’ouverture du 7e congrès national de l’Unsa (2 au 4 avril à Rennes), le secrétaire général sortant, Luc Bérille, a invité le gouvernement à changer de son mode de gouvernance et à prêter davantage l’oreille aux corps intermédiaires, notamment aux syndicats.

Toute vérité étant bonne à dire, Luc Bérille en a asséné quelques-unes devant les délégués au congrès. Le mouvement des gilets jaunes s’est imposé en surfant sur des revendications que les syndicats auraient dû porter avec plus de conviction. La faute en incombe, au moins partiellement à la dispersion et aux querelles de chapelle qui traversent le syndicalisme. Lequel s’est bureaucratisé voire politisé dans certains cas.

 

Une partie du propos a porté sur le mode gouvernance ayant conduit à la crise sociale symbolisé par les gilets jaunes. La conception verticale et l’exercice solitaire du pouvoir ont atteint leurs limites. Il y a « au sommet, Jupiter, guide éclairé  et en bas, des citoyens dont le moindre désaccord, est le signe d’une incapacité à comprendre ». Le nouveau monde promis par le Président de la République a été brocardé sous les acclamations : « il se caractérise par beaucoup de vieilleries », et entraîne « une régression considérable » dont les ordonnances et la réforme de la fonction publique, programmée envers et contre tout.

 

Pour Luc Bérille, le grand débat engagé sous la pression pourrait permettre de sortir de la crise par le haut. À condition que le gouvernement exploite le foisonnant matériau qu’il a généré. Les sujets émergents sont nombreux, mais liés: économie, social, environnement, sociétal. Sans naïveté, celui qui s’apprête à passer le relais prévient que la transition sera douloureuse. Son organisation s’y prépare, tout en s’inscrivant dans une alliance avec 18 autres organisations, signataires de 66 propositions en vue d’un « pacte politique, social et écologique ».