COVID-19 : La moitié des entreprises contraintes de revoir leur budget d’augmentation (étude LLH)

L’Observatoire annuel de la rémunération du cabinet Lee Hect Harrison (LHH ) fait un état des lieux des politiques de rémunération et de leurs évolutions à la sortie du confinement. Résultat : près de la moitié des entreprises font face à une révision des budgets d’augmentation, à un gel des salaires ou un report des mesures.

A mi-mars, 55 % des entreprises avaient finalisé leur Négociation Annuelle Obligatoire. Le contexte de la crise et du confinement a amené près de la moitié d’entre elles à revoir les modalités budgétaires initialement prévues. Les modifications se sont portées sur : une révision du niveau des mesures prévues (46%), un gel des salaires (31%) et un report des mesures dans l’année (23%).

 

Pour les entreprises conservant un budget d’augmentation en 2020, le montant médian global de l’enveloppe alloué reste très proche de celui des prévisions recensées en début d’année, soit près de 2 %. La révision des modalités d’augmentation des entreprises révèle plutôt à ce stade une redistribution des budgets entre les populations plus qu’une révision à la baisse. Le renforcement des mesures d’équité est au centre des politiques de rémunération post-crise : on y trouve des mesures de réduction des écarts de salaire Femme/Homme, de reconnaissance des personnels exposés, de compensation pour les personnels en chômage partiel ou pour les plus bas salaires etc. D’autres dispositifs sont également observés en faveur des salariés tels que l’indemnisation du télétravail, le don de jours de congés, des chèques cadeau, des primes pour le transport.

 

Un impact durable de la crise sur l’organisation du travail et l’activité

83 % des entreprises estiment que la crise sanitaire a un impact négatif sur leur activité, voire très négatif pour 10 %. Dans le contexte post-confinement, des problématiques restent à solutionner pour compenser la baisse d’activité. Les leviers RH sont très plébiscités par les entreprises : 82 % d’entre elles modifient l’organisation du travail, 51 % évoquent une adaptation des effectifs et 41 % utilisent la formation. Les politiques de rémunération sont un levier pour 24 % des entreprises alors que 22 % font appel à la mobilité fonctionnelle contre 8 % pour la mobilité géographique.

 

Pour 14 % des entreprises la remobilisation des équipes accompagne la reprise de l’activité : communication interne renforcée pour maintenir le lien, E Learning, proximité du management, Fonds de solidarité, accompagnement managérial, prime envisagée en fonction de l’atteinte des objectifs pour compenser l’absence de révision salariales, petits déjeuners virtuels, sessions de formations, etc.

 

Les mesures exceptionnelles du gouvernement largement utilisées par les entreprises

La crise du coronavirus a amené les entreprises à prendre des mesures de sauvegarde pour le maintien de leur activité, en s’appuyant sur les dispositifs gouvernementaux. Parmi ces mesures d’exception, la prise de congés a été utilisée par 80% des sociétés ainsi que le déblocage des jours épargnés sur le CET pour 39% des sociétés disposant d’un CET.

 

Dans des conditions plus favorables que celles définies en début d’année les ordonnances du 1er avril 2020 ont permis à 1/3 des entreprises de verser une prime exceptionnelle défiscalisée. Parmi elles, 2/3 avaient déjà prévu début 2020 de verser la prime exceptionnelle défiscalisée.

 

Le montant moyen de la prime exceptionnelle défiscalisée s’établit à 650 euros. Les modalités de versement citées sont principalement de 2 ordres : la présence pendant le confinement (montant attribué par jour de présence sur site) et les mesures de pouvoir d’achat (montant proratisé par tranche de rémunération).