Covid-19 : pas de trêve pour la mobilité internationale 

En dépit des bouleversements engendrés par l’épidémie de COVID-19, trois entreprises sur quatre ont conservé la totalité ou la majorité de leur effectif de salariés mobiles. C’est la principale conclusion de l’enquête que publie MSH International, spécialiste de l’assurance des personnes en mobilité, filiale du groupe Siaci Saint Honoré. Deux répondants sur trois anticipent une évolution positive de leur secteur d’activité (65 %), ou de leur activité propre (63 %) d’ici la fin de l’année 2020. Parmi les plus positives, les grandes entreprises qui comptent les plus forts contingents de salariés mobiles. Elles déclarent avancer en confiance notamment celles des secteurs des biens de consommation (91 %) et de l’industrie (65 %).

 

La crise a toutefois impacté l’activité de nombreux secteurs économiques, avec des effets sur leurs politiques de mobilité internationale. C’est le cas des plus petites entreprises (moins 50 salariés mobiles) qui restent majoritairement inquiètes quant à l’évolution de leur activité d’ici la fin de l’année 2020. Parmi les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, on trouve ceux du pétrole et du gaz, de l’énergie, de l’ingénierie, et de la construction, tout comme celui des services financiers, où plus de la moitié des répondants déclarent avoir une vision plutôt pessimiste de leurs perspectives d’évolution d’ici la fin de l’année. Toutefois, seule une entreprise interrogée sur quatre (24 %) se voit contrainte, d’un point de vue économique, de restreindre sa politique de mobilité internationale du fait du coronavirus. À peine 3,5 % d’entre elles ont suspendu toute politique d’envoi de salariés à l’étranger. On constate une nouvelle fois une surreprésentation des secteurs du pétrole et du gaz, de l’énergie, de l’ingénierie, et de la construction.

 

Concernant les perspectives d’évolution pour 2021, près d’un tiers des entreprises interrogées (32 %) déclarent poursuivre leur politique d’envoi de salariés à l’étranger. Dans le même temps, près de 4 répondants sur 10 (39 %) seraient prêts, d’un point de vue économique, à reprendre l’envoi de salariés à l’étranger, mais voient leurs décisions freinées par les « contraintes pratiques » (visas, quarantaines, restrictions sur les vols internationales, etc.). Soit au total, près de 71 % d’entreprises qui restent dans une dynamique de mobilité internationale positive. Cela s’explique par le fait que pour la majorité des entreprises sondées, la mobilité internationale fait partie intégrante de leur stratégie de développement pour 2021 et reste nécessaire pour fidéliser, faire monter en compétence les talents de l’entreprise, et favoriser la relance économique. Ainsi selon Stéphanie Roche, head of international mobility chez L’Oréal : « l’expatriation reste un élément incontournable dans le parcours de tout futur dirigeant ou top manager, un moyen essentiel pour comprendre finement les particularités locales, diffuser largement nos savoir-faire et faire vivre notre culture d’entreprise à travers le monde, et aussi bien évidemment pour retenir les talents, juniors comme seniors ».

 

Si la crise 9 joue parfois comme un accélérateur de tendances dans la montée en puissance de nouvelles formes de mobilité, comme les séjours plus courts et fréquents (35 %), le commuting (17,5 %) ou les « virtual assignments » (17,5 %) qui « peuvent permettre de télétravailler dans certaines zones du monde, sous réserve de respecter des réglementations fiscales et sociales toujours plus strictes », les entreprises – et notamment les plus grandes d’entre elles – conservent néanmoins une vision à long terme qui place la mobilité internationale de leurs talents au cœur de leurs stratégies de développement, comme le rappelle Frédéric Van Roekegem, directeur exécutif de MSH (photo).