Cumul d’emplois : très souvent par nécessité

Une note de la Dares, signée Claire Létroublon et Lisa Mourlot passe au crible l’occupation professionnelle des travailleurs (salariés et non-salariés) qui exercent simultanément plusieurs activités. L’étude est fondée sur les données statistiques de 2014, mais toujours d’actualité.

Environ 1,4 million de personnes sont pluriactives, c’est-à-dire qu’elles déclarent simultanément travailler pour plusieurs employeurs ou exercer plusieurs professions. Parmi elles, 1,2 million sont salariées dans leur profession principale.

 

La pluriactivité a plusieurs visages. Certaines personnes font le même job pour plusieurs patrons. Celles-là sont au nombre de 450 000. Ce sont majoritairement des femmes exerçant des jobs peu qualifiés, souvent à temps partiel contraint (assistance maternelle, nettoyage, emplois en supermarché, etc.). D’où la nécessité d’un cumul qui d’ailleurs permet rarement d’atteindre l’équivalent d’un temps complet.

 

Autre cas de figure, celui des 740 000 personnes qui exercent plusieurs professions. Plus qualifiés, ils ont un emploi principal auquel ils ajoutent un boulot d’appoint. « Les heures de travail qu’ils consacrent à ces professions supplémentaires s’ajoutent à des durées déjà élevées et à des horaires atypiques », précisent les auteurs de l’analyse. Quelque 85 % des salariés qui exercent plusieurs professions travaillent dans le tertiaire, notamment dans l’action sociale, la santé et l’enseignement (43 %).

 

Claire Létroublon et Lisa Mourlot recensent une troisième situation. Elle concerne 200 000 non-salariés, également pluriactifs. Ils travaillent seulement un peu plus que les non-salariés monoactifs, avec des contraintes plus fortes dans l’organisation de leur travail.