Départ à la retraite : à chacun son timing, selon ses motivations

Il n’y a plus de date couperet pour le départ à la retraite. Les salariés ont toute latitude pour décider. Dans ce contexte d’individualisation du calendrier, le courtier Siaci Saint Honoré et l’Institut français des seniors ont interrogé des quinquas proches de la retraite ainsi que des DRH sur les facteurs qui déterminent le choix du moment opportun.

L’état de santé reste déterminant. L’opinion la plus partagée qu’il faut « partir pendant qu’on est encore capable de profiter d’une nouvelle vie ».  Et parmi la minorité (23 %) qui pense que « le travail conserve », un bon nombre optera pour le bénévolat. Un autre critère qui pèse lourd, c’est la poursuite d’un projet de vie, sachant que la retraite dure en moyenne 22 ans pour un homme et 27 ans pour une femme. Dans ces conditions, 48 % des seniors déclarent vouloir partir le plus tôt possible pour développer de nouvelles initiatives épanouissantes.

 

Vis-à-vis du travail, les attitudes sont mitigées. Un actif sur cinq aimerait finir sa vie professionnelle à temps partiel, tandis qu’un tiers s’estime suffisamment motivé pour partir sans tenir tous ses engagements, ni transmettre son savoir-faire. À l’inverse, un senior sur dix a hâte de raccrocher, quelle que soit la suite envisagée par son employeur. Dans cette catégorie, on recense ceux qui se sentent mal dans leur travail, car déclassés ou dépassés (25 %). Globalement, les jugent les entreprises ingrates. Elles tendent à les pousser vers la sortie, malgré les longues années d’investissement dans le travail, parfois au détriment de la vie de famille.

 

Toutefois, une personne interrogée sur quatre est volontaire pour prolonger son parcours au-delà de l’âge légal ou après avoir validé le nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein. Objectif : augmenter sa future pension. Cette option est préférée au rachat de trimestres, jugé onéreux et rejeté par 80 % des personnes interrogées.

 

La situation de famille joue peu dans la décision de partir. Pour six répondants sur dix, la situation financière ou conjugale des enfants n’a pas d’incidence. Pas plus que la perspective de rester plus souvent à domicile. Pour certains, retraite rime avec changement d’environnement. Un quinqua sur trois pense s’installer dans une autre région et un sur cinq compte s’établir à l’étranger.  

 

Par ailleurs, l’enquête révèle que les seniors sont plutôt bien informés sur leurs droits et identifient aisément leur caisse de retraite. En revanche, ils ne maîtrisent pas les mécanismes de surcote et de décote pour un départ tardif ou anticipé.