Destruction d’emplois chez SFR : la CFE-CGC déplore l’impuissance du gouvernement

Les syndicats du groupe SFR sont repartis déçus de leur entretien du 2 août avec la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Après avoir reçu par ailleurs la direction, celle-ci se contente de prendre « acte de la volonté d’avancer manifestée par ses interlocuteurs, ». Et rappelle son « engagement en faveur d’un dialogue social fondé sur le partage de la stratégie et des enjeux, et permettant de concilier protection des salariés et adaptation de l’entreprise dans un secteur à fortes mutations ». Autrement dit, il n’y a rien à faire contre l’intention de réduire fortement les effectifs, tant que l’employeur respecte la procédure légale .

 

Face à l’ampleur des coupes claires annoncées (5000 postes supprimés d’ici à 2017, soit un tiers de l’effectif, principalement par le biais de départs volontaires), les représentants du personnel espéraient sinon une solution alternative, du moins une incitation de la ministre à revoir le plan à la baisse. Le seul souhait de Myriam El Khomri est que « les conditions d’un accord puissent être réunies ». Le ministre de tutelle, Emmanuel Macron (Économie, Industrie et Numérique), se fait étrangement discret.

 

Amère, la CFE-CGC ironise sur « les ennemis autoproclamés de la finance qui siègent au gouvernement » et qui « viennent une fois de plus d’abdiquer ». Le syndicat insiste : « Comme toujours personne ne peut rien faire et la casse industrielle et sociale peut continuer ». Il proposait que le gouvernement « conditionne l’octroi des licences aux opérateurs au maintien des emplois sur le sol français ». Mais une telle mesure serait anticoncurrentielle, a rétorqué la ministre du Travail. De son côte, FO revendique «une vraie politique industrielle au sein de la filière télécoms, politique indispensable à la pérennité des emplois»

 

La direction de SFR maintient son projet et s’efforce de proposer des mesures d’accompagnement fortes. Il n’y aurait pas de licenciements secs, prévoit-elle, prête à prolonger la période des départs jusqu’en 2019. L’opérateur est prêt à mettre la main à la poche pour décider ceux qui hésiteraient : le viatique pourrait être de 2 mois et demi par année de présence dans l’entreprise. Une base à partir de laquelle les négociateurs salariés pourraient obtenir des dispositions annexes.

 

SFR ne le dit pas, mais le laisse entendre, d’après certains représentants du personnel  : sa bonne disposition ne vaut que si un accord est trouvé en vue d’un délestage en douceur. En cas de durcissement du dialogue, des solutions plus radicales pourraient être prises. Pour la direction, SFR est en net sureffectif et ne saurait le rester.