Dialogue social: les grandes manœuvres ne font que commencer

Le gouvernement regrette et prend acte de l’échec des négociations entre partenaires sociaux, visant à « moderniser le dialogue social ».

Le ministre du Travail, François Rebsamen estime que « cet échec doit nous amener à réfléchir sur des pratiques de négociation, conduisant à toujours partir d’un texte patronal très éloigné des attentes des uns et des autres, ce qui rend plus difficile l’émergence d’un compromis ». Une analyse qui rejoint celle que fait Jean-Claude Mailly. Le secrétaire général de FO a écrit aux autres organisations syndicales et aux mouvements patronaux pour réclamer un changement de méthode. Il souhaite que les projets d’accord élaborés par les confédérations soient examinés au même titre que ceux du patronat.

 

« Ce n’est ni la première, ni la dernière fois qu’une négociation n’aboutit pas, en particulier sur ce thème. Néanmoins le dialogue social demeurera notre méthode pour avancer et dégager des compromis utiles au pays », relativise le ministre du Travail. Tout en indiquant que le gouvernement « prendra ses responsabilités », sur la base du document d’orientation qui a servi d’amorçage aux discussions. Il recevra la semaine prochaine chacune des organisations pour tirer le bilan de ces négociations et préparer une réunion qui se tiendra le 19 février  sous l’égide du Premier ministre.

 

Du côté des négociateurs, toutes les parties disent déplorent l’échec, mais personne ne veut en porter la responsabilité. Le Medef dit regretter cette issue. Son président Pierre Gattaz déclarait mardi qu’il préférerait de loin conclure un accord que laisser la main au gouvernement. Mais il avait aussi indiqué qu’il ne signerait « pas à n’importe quel prix », insistant sur la nécessité d’éviter tout surcoût pour les entreprises.

 

Pour la CGT, la responsabilité de cet échec « incombe entièrement au patronat qui voulait profiter de cette négociation pour faire une grande braderie des droits des salariés et de leurs représentants. On ne peut pas affirmer que le dialogue social est essentiel pour l’efficacité de l’entreprise et considérer dans le même temps qu’il est un coût ». Reprenant la proposition de Jean-Claude Mailly, la confédération de Montreuil veut, à son tour, « des négociations loyales, à égalité, qui ne se déroulent pas au Medef mais dans un lieu neutre à l’écart de toute manœuvre ».