Dialogue social : les ministres entament différemment leur mandat

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, en charge du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Modernisation de l’État, Gérald Darmanin, a vite pris la mesure d’un possible malentendu avec les organisations syndicales. Il prendra personnellement contact avec leurs leaders ce 19 mai. Selon un communiqué de ses services, « Il leur proposera de les recevoir individuellement la semaine prochaine pour commencer à dialoguer sur les objectifs fixés par le Premier ministre, conformément aux engagements du président de la République ».

 

Lors de la passation de pouvoir avec Annick Girardin qui avait la tutelle des fonctionnaires, Gérald Darmanin a assuré que son administration « a vocation à protéger les agents de l’État, qui sont l’ossature de la République ». Avant d’ajouter : « Les ambitions de modernisation, d’économies et de transformation des collectivités publiques, nécessaires à la préservation de nos équilibres et à la qualité de nos administrations, se feront en dialogue permanent avec les agents ».

 

À l’inverse, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud (photo) est déjà entraînée, malgré elle, dans un rapport de force avec les syndicats. Quelque 150 agents de son ministère ont protesté hier 18 mai, devant la Direccte Ile-de-France, contre des suppressions de postes, notamment d’inspecteurs du travail, à l’appel d’une intersyndicale CGT-SUD-FO-FSU-CFDT-Unsa-CNT. Cette manifestation s’est poursuivie par une occupation des locaux, dans l’après-midi, les agents demandant une rencontre urgente avec la nouvelle ministre. Ils ont dû se rendre à l’évidence : elle « ne comptait pas répondre à leur invitation ni leur accorder un rendez-vous ultérieur ».  Les protestataires ont évacué les lieux tard dans la soirée. Pour la CGT, « cette conception du dialogue social en dit long sur les intentions du gouvernement ».