Dirigeant de TPE, un métier ingrat, pour passionnés et travailleurs acharnés

L’Observatoire des TPE et PME créé par CNP Assurances et la CGPME a confié à l’IFOP la mission d’interroger 900 dirigeants de structures de moins de dix salariés sur la perception qu’ils ont de leur activité et son environnement. Le portrait robot qui en ressort est celui d’un dirigeant dont la motivation et la confiance restent intactes en dépit de semaines de 59 heures de travail, de la difficulté à concilier vies professionnelle et personnelle et d’un revenu souvent modeste.

 

« Portrait du patron de TPE française », la première étude de l’Observatoire CNP Assurances-CGPME met en exergue la satisfaction des dirigeants de TPE concernant la santé de leur entreprise : 64 % des personnes interrogées  sont optimistes concernant leur activité et 62 % considèrent que la situation financière de leur entreprise est restée stable ou s’est améliorée au cours de l’année passée.

 

 

Les petits patrons n’ont pas peur de la crise. À l’horizon de cinq ans, presque tous croient en la viabilité de leur business. Ils sont en outre satisfaits de leurs relations avec les salariés dont ils s’estiment proches, voire très proche. Et cela ne va pas sans conséquence sur l’ambiance dans l’entreprise, décrite comme « assez bonne » ou même « très bonne ». Par ailleurs, les intéressés considèrent qu’ils jouent un rôle important dans la société française (soutien de l’emploi, de la croissance économique, transmission d’un savoir-faire et de compétences…).

 

 

Avec des semaines de 59 heures de travail en moyenne, les dirigeants de TPE éprouvent des difficultés à concilier vie professionnelle-vie personnelle : 67 % trouvent cela difficile et 4 % carrément impossible. La place pour la vie personnelle est encore plus restreinte pour les patrons de jeunes entreprises. Si leur hygiène de vie semble majoritairement correcte, le stress touche 56 % des entrepreneurs, un sur deux manque de sommeil. Pire, lorsqu’ils sont souffrants, 49 % ne vont chez le médecin que contraints et forcés. 17 % prenant même le risque de ne pas consulter.

 

En matière de rémunération, créer sa petite boîte n’est pas synonyme de richesse. 47 % des dirigeants de TPE gagnent moins de 2900 € par mois, 16 % moins de 1250 €. L’envie de mieux gagner sa vie n’a d’ailleurs été la motivation que de 20 % d’entre eux, loin derrière le désir d’indépendance (62 %), le challenge (34 %) ou la volonté de se réaliser au travers de l’activité (29 %). Ironie du sort, ceux dont le but principal était de mieux gagner leur vie sont le plus fréquemment déçus. Les motifs de satisfaction sont donc ailleurs : fierté ( 87 %), sentiment d’accomplissement (80 %)