Discrimination au travail : un salarié sur trois prêt à signaler des dérives

Selon l’étude Workforce View 2020 menée par ADP Research Institute auprès de 32 400 collaborateurs dans le monde, la discrimination persiste, malgré les initiatives gouvernementales. En France, 31 % des salariés déclarent avoir été victimes de discrimination sur leur lieu de travail et 36 % d’entre eux oseraient le signaler.

Trois salariés français sur quatre estiment nécessaire de signaler les écarts de rémunération au sein de leur entreprise, alors que la moyenne européenne se situe à 51 %. Ce chiffre s’élève même à 80 % chez les 25-34 ans qui paraissent se sentir particulièrement concernés par cette problématique. ADP souligne que les hommes sont les plus enclins (76 %) à dénoncer les inégalités salariales que les femmes (73 %).

 

De fait,un peu plus d’un salarié sur trois (36 %) oserait faire part d’un acte de discrimination au travail, un chiffre plus faible chez les femmes (30 %) que chez leurs collègues masculins (42 %). Toutefois, les jeunes se sentent plus en confiance pour faire part d’une discrimination (40 % des 18-34 ans) que leurs aînés (30 % des plus de 45 ans).

 

Le principal motif d’inaction est la méconnaissance ou l’inexistence de procédure formalisée. Ainsi, 60 % des répondants déclarent qu’ils ne sauraient pas à qui s’adresser en cas de problème, et 16 % considèrent que leur entreprise n’applique pas de bonnes pratiques RH en matière de prévention de la discrimination.La volonté de dénoncer toute discrimination salariale entre les femmes et les hommes est particulièrement forte dans les secteurs de l’immobilier (82 %), de l’informatique et des télécommunications (81 %), ainsi que dans la finance (79 %).

 

« Il est de la responsabilité des employeurs d’assurer à l’ensemble de leurs collaborateurs un environnement de travail exempt de discriminations. Pour ce faire il est évidemment nécessaire de se doter d’outils qui permettent de mesurer et d’analyser différents écarts en matière de rémunération, de formation ou de promotion, mais aussi de mettre en place des procédures d’alerte et un cadre dans lequel les salariés qui y seraient confrontés soient assez à l’aise pour en parler » analyse Carlos Fontelas de Carvalho, président d’ADP en France et en Suisse.