Discriminations à l’embauche : seules la CGT et la CFTC réagissent aux constats alarmants

La plupart des centrales syndicales sont restées silencieuses après la publication des rapports du Défenseur des droits et de France Stratégie concernant les discriminations à l’embauche. Est-ce parce que le sujet, récurrent, n’appelle plus de commentaires ou parce que les chiffres invoqués par France Stratégie (80 et 310 milliards d’euros d’économies si les pratiques changent) sont si astronomiques qu’ils les laissent sans voix ? Quoi qu’il en soit, seules la CFTC et la CGT ont réagi.

Tout en s’interrogeant sur « la corrélation entre les attentats perpétrés ces derniers mois et ce rejet liés aux origines », la confédération présidée par Philippe Louis juge « essentiel que le vivre ensemble soit préservé et l’intégration professionnelle demeure un élément central de ce dernier ». Pas question pour autant de légiférer de nouveau. De nombreux outils législatifs existent déjà, considère-t-elle en appelant les recruteurs à leurs responsabilités.

 

La CGT, elle, s’insurge contre « l’impunité en matière de racisme et de discriminations, terreau sur lequel prospère le terrorisme ». Avant de formuler cinq propositions. Primo, la création dans les entreprises d’un registre d’embauche, recensant les CV reçus et les recrutements effectués, avec le sexe, le nom, la date et lieu de naissance, le lieu de résidence et le niveau de qualification du candidat. Secundo, la mise en place d’une notification des droits, remise obligatoirement lors de chaque entretien d’embauche, rappelant les questions que le recruteur n’a pas le droit de poser ainsi que les recours en cas de discrimination. Tertio, l’institution d’un indicateur permettant de mesurer les écarts sur les carrières et d’adopter des mesures de prévention par la négociation. Quarto, la normalisation de l’action de groupe, afin de « permettre à l’ensemble des victimes d’une même discrimination d’aller en justice, de gagner la réparation intégrale de leur préjudice et des condamnations dissuasives ». Cinquo, des sanctions pour les entreprises qui discriminent.

 

Ces pistes ne sont pas nouvelles. La centrale de Montreuil les avait avancées dans le cadre de la concertation que le gouvernement « Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et ne plus se contenter de la recommandation de bonnes pratiques et de l’incitation à des comportements vertueux, sans décider de mesures contraignantes », insiste la CGT.