Discriminations en entreprise : le gouvernement temporise, le Medef tempête, les syndicats s’impatientent

Des 13 recommandations que contiennent le deuxième rapport remis ce 16 novembre par le groupe de dialogue de lutte contre les discriminations dans l’entreprise, les ministres du Travail et de la Ville retiennent quatre points. Primo, le testing effectué auprès d’une quarantaine d’entreprises de plus de 1000 salariés révèle malgré de bonnes pratiques par endroits, que « d’origine supposée maghrébine peuvent être clairement écartés des procédures de sélection dans certaines entreprises » Secundo, . La sensibilisation des dirigeants de PME de plus de 300 salariés. Tertio, la mise en place d’indicateurs de l’évolution de carrière. Quarto, le label diversité.

La ministre du Travail, Myriam El Khomri annonce qu’elle réunira, dans les prochains jours, les organisations syndicales, les représentants des employeurs, les intermédiaires associatifs de l’emploi et le service public de l’emploi, « pour mettre en commun nos engagements respectifs ». Concernant la formation des patrons et cadres dirigeants de PME, la ministre compte lancer des expérimentations en s’appuyant sur les Direccte. En outre, un appel à projets sera lancé par le ministère, début 2017 en vue d’élaborer une maquette d’indicateurs de non discriminations. Ce sera « ouvert un appel à projets sera lancé par mes services, début 2017, et ouvert à toutes les entreprises volontaires » et pourrait déboucher sur l’obligation de l’intégrer ces données au bilan social des sociétés. Enfin le label Diversité fera l’objet d’une promotion.

Vanté par les ministres destinataires, le travail du groupe de travail présidé par Jean-Christophe Sciberras, DRH France et directeur des relations sociales de Solvay, est taillé en pièces par les organisations patronales. Le  patronat qualifie les préconisations de « dogmatiques » et s’y oppose fermement. Les organisation patronales ont pourtant été associées aux travaux entrepris depuis deux ans. Elles affirment s’être « efforcées de traiter le sujet de façon positive afin de ne pas stigmatiser les acteurs économiques dans un contexte hautement sensible », préférant la pédagogie vis à vis des TPE-PME à la contrainte et la sanction.

 

Dans le camp syndical, FO a un avis mitigé. Elle se félicite de la décision de pérenniser ce groupe de dialogue en le plaçant sous la double tutelle du Ministère du Travail et du Ministère de la Ville. En reva,che, la confédération de Jean-Claude Mailly « regrette, en revanche, la timidité des engagements ministériels ». Notamment, la prudence affichée en optant pour une expérimentation préalable des indicateurs, au lieu de publier rapidement un décret pour les imposer sans tarder. « Au vu des prochaines échéances électorales, aucun décret ne sera pris », pronostique le syndicat. Il doute aussi que des négociations aboutissent entre partenaires sociaux sur ce thème, « sachant que les organisations patronales ont quitté le groupe de travail avec fracas, en septembre dernier pour faire pression sur le gouvernement ».