Observatoire Skema de la féminisation des entreprises : l’étude 2023 réserve des surprises

L’Observatoire Skema de la féminisation des entreprises dresse un état des lieux en 9 points sur la diversité et l’inclusion à partir des données des rapports annuels 2022 publiés par les 40 entreprises du CAC40. Alors que la loi Rixain impose aux entreprises de faire la place aux femmes à hauteur de 30% en 2027 dans les Comités exécutifs (Comex), qu’en est-il aujourd’hui ? Le bilan réalisé sous la férule de Michel Ferrary, directeur de l’observatoire, réserve bien des surprises.

de la Féminisation des entreprises

 

L’exclusion des femmes de l’olympe de la gouvernance d’entreprise du CAC40

Les femmes occupent 3,75% des 80 postes de Président et/ou Directeur Général des entreprises du CAC40 (2,5% en 2021) : aucune femme n’est PDG, seulement 2 femmes sont présidentes du conseil d’administration, 1 femme est Directrice Générale.

 

 Les « évadés sociaux » du CAC40

L’expatriation permet à certaines entreprises d’éviter le quota de 40% de femmes dans le conseil d’administration imposé par la loi Copé-Zimmermann. C’est notamment le cas d’Airbus : 25% et de Stellantis : 27% qui sont toutes deux domiciliées aux Pays-Bas.

 

 Les premiers effets de la loi Rixain (30% de femmes au Comex en 2027)

En 2022, 12 entreprises (+50%) avaient au moins 30% de femmes au Comex. Il s’agit de BNP Paribas, Carrefour, Crédit Agricole, Dassault Systèmes, Kering, Legrand, L’Oréal, Michelin, Pernod Ricard, Saint Gobain, Schneider Electric et Société Générale. En 2021, seules 8 entreprises avaient au moins 30% de femmes au Comex.

 

 L’effet « ajout de chaises autour de la table »

L’augmentation du pourcentage de femmes dans les comex est uniquement liée à l’augmentation du nombre de femmes et non à un remplacement des hommes par des femmes.

  

Quatre entreprises du CAC40 n’ont aucune femme au comité exécutif

 C’est le cas d’ArcelorMittal, de Bouygues, d’Essilor Luxottica et de Stellantis.

 

 L’irréductible plafond de verre pour accéder aux comités exécutifs :

Diversité & exclusion ? Les femmes ne représentent en moyenne que 22,95% des comités exécutifs du CAC40 (19,53% en 2021) alors qu’elles représentent 35,46% de la population cadre, vivier traditionnel de recrutement des dirigeants. L’épaisseur du plafond de verre est de 12,51.

 

 L’index d’inégalité : l’outil de mesure du plafond de verre

Cet index met en évidence les entreprises dont le plafond de verre entre la population cadre et le Comex est le plus épais. Le Prix citron est attribué à Essilor Luxoticca qui n’a aucune femme au Comex et 51,7% de femmes cadres (Plafond de verre de 51,7). Air Liquide est l’entreprise qui a le plus faible plafond de verre entre les 2 niveaux hiérarchiques. Elle remporte le Prix orange avec 28,57% de femmes au Comex et 31% dans la population Cadres (plafond de verre : 2,43).

 

 Un plafond de verre au détriment des hommes

Dans certaines entreprises les femmes sont surreprésentées au Comex par rapport à la population Cadre. C’est le cas de Dassault Systèmes qui compte 38,46% de femmes au Comex et seulement 21,2% dans la population de cadres (plafond de verre : 17,26).

 

 La bipolarisation sexuelle des grandes entreprises s’accentue

Allons-nous vers un phénomène de ghettoïsation ? La féminisation des comités exécutifs et de l’encadrement ont des effets positifs sur : la rentabilité opérationnelle, la responsabilité environnementale de l’entreprise ; la  responsabilité sociétale de l’entreprise

 

Retrouvez l’étude 2023 de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises ici  :

https://www.skema-bs.fr/facultes-et-recherche/recherche/observatoire-de-la-feminisation