Droits sociaux : un étudiant sur deux juge les mouvements de citoyens plus efficaces que les syndicats (étude)

Près d’un étudiant sur deux juge les mouvements de citoyens plus efficaces que les actions syndicales pour obtenir de nouveaux droits sociaux. C’est la conclusion de l’enquête menée auprès d’un échantillon d’étudiants par le think tank Réalités du dialogue social, en association avec le quotidien Ouest- France.  Quelque 200 participants issus de diverses disciplines (commerce-économie-gestion, sciences humaines et  sociales, droit-sciences politiques, sciences, médical …) ont renseigné le questionnaire en ligne entre mai et octobre 2021. Huit enseignements ressortent de leurs réponses.

1- Une vision critique du dialogue social. Les relations entre les employeurs et salariés sont  jugées distantes, compliquées ou encore conflictuelles. Seul 1 étudiant sur 5 les estiment constructives et 1 sur 10 les trouvent équilibrées.

2- Défense, droits, conflits, grève, contre-pouvoir, protection… caractérisent toujours le syndicalisme dans l’esprit des étudiants. Les syndicats demeurent très liés à leurs actions de revendication qui sont pourtant considérées peu opérantes. Pour 1 étudiant sur 2, ils ne parviennent plus à obtenir gain de cause lorsqu’ils se mobilisent. Et 56 % pensent que la défense ou la mise en cause des acquis sociaux bloque le dialogue social. Quant à la proportion d’étudiants considérant les mouvements de citoyens plus efficaces que les organisations  syndicales, elle a gagné 12 points en un an, passant de 36 % à 48 %. Aujourd’hui, syndicats et mouvements citoyens semblent se valoir en termes d’influence.

 

3-Les étudiants considèrent que les avancées sociales se font principalement au niveau des branches, au travers des conventions collectives (52%), suivies de près par l’État et le code du travail (46 %). L’entreprise n’arrive qu’en 3ème position pour 30 % des étudiants.

 

4- Il demeure une mauvaise perception du rôle des organisations syndicales au sein des entreprises. Certes, les étudiants légitiment leur place : pour 76 % d’entre eux, « dans toute entreprise, on a besoin de syndicat » y compris là où il y a une relation directe entre l’employeur et les salariés. Mais ils les attendent sur d’autres champs d’intervention, tout particulièrement sur les questions collectives : meilleures conditions de travail pour 80 % des répondants, écoute du collectif en vue de négocier (71 %), défense des droits des salariés (71 %). Les souhaits d’actions syndicales à visée individuelle demeurent en retrait : ASC pour 29 % des répondants, négociation de la rémunération (40 %), défense de l’emploi (55 %). 58 % des étudiants considèrent que les syndicats doivent s’occuper des salariés mais aussi de la stratégie d’entreprise.

5- Les relations sociales dans l’entreprise demeurent de la responsabilité de la direction (75 %).  Ce cru 2021 du baromètre révèle une nette progression de l’implication des managers (+ 9  points) au détriment des DRH (- 15 points). Selon les répondants, ce sont d’abord les réunions entre la direction et les équipes qui permettent de bâtir de bonnes relations sociales (71 %), suivies des temps  d’échanges informels (54 %). À égalité (pour 49 % des étudiants), les relations sociales se construisent aussi bien en discutant avec les représentants syndicaux
qu’en consultant les salariés via un referendum.

6- En tant que futurs managers, 84 % des répondants ont conscience que les relations sociales  occuperont une place importante dans leur future activité professionnelle mais ils sont légèrement moins nombreux à s’y sentir préparés (63 %).

7- Les acteurs du dialogue social sont attendus sur l’amélioration des collectifs de travail, vecteur de performance de l’entreprise et de climat social apaisé. Pour autant, les critères pour  postuler dans une organisation à l’issue de leurs études restent personnels (conditions de travail pour 77 % des étudiants, l’intérêt de la mission pour 67 %, la rémunération pour 58 %,  l’équilibre vie pro-vie perso pour 58 %) loin devant les avantages sociaux proposés (12 %), la qualité du dialogue social (18 %), la RSE (21 %), la sécurité de l’emploi (27 %), le climat social
(37 %).

8- Finalement, les futurs actifs sont aussi nombreux à craindre l’entrée sur le marché du travail (difficultés d’embauche, précarité, conditions de travail, etc.) qu’à se déclarer confiants, un sentiment souvent porté par des premiers pas convaincants dans le monde de l’entreprise  (alternance, stage).