Égalité hommes femmes : de bonnes intentions, mais peu de moyens

Pour promouvoir l’égalité hommes-femmes, les pouvoirs publics ne débloquent pas des moyens à la hauteur de leurs déclarations d’intention. C’est le principal constat d’un rapport relatif à l’argent public et privé consacré en France à l’égalité femmes-hommes intitulé « Où est l’argent pour les droits des femmes ? Une sonnette d’alarme ». Il est publié par le Cese, la Fondation des femmes, le Fonds pour les femmes en Méditerranée, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, le Comité ONU Femmes France et W4 France.  

En 2016 le budget alloué au ministère des droits des femmes dans le cadre du programme  «Égalité entre les femmes et les hommes » n’est que de 27 millions d’Euros soit 0,0066% du budget général quand le coût estimé des violences faites aux femmes est estimé à 2.5 milliards d’euros par an. A titre de comparaison, le budget espagnol consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes est de 0,54 euros par habitant en 2016, il n’est que de 0,33 euros en France.

 

« Si des politiques en faveur de l’égalité sont effectivement développées par l’Etat et les collectivités territoriales, les budgets consacrés aux droits des femmes demeurent, au niveau national comme local, restreints et insuffisants pour la mise en pratique de ces politiques par les acteurs », lit-on dans le document. Le financement privé est également limité. Les fondations et les fonds privés ne ciblent rarement les droits des femmes. Les fonds et fondations spécialisés sur le sujet sont récents et peu dotés, les dons des particuliers restent insuffisants.  Conséquences de ce manque de financement : les structures et associations peinent à remplir leur mission, certaines sont forcées de fermer, les inégalités reculent lentement, les disparités géographiques se creusent et le coût pour la société des inégalités femmes-hommes augmente.

Le rapport appelle donc à traduire en en priorité d’investissement public et privé la volonté politique d’atteindre l’égalité femmes-hommes et à allouer des moyens suffisants à l’ensemble des programmes dédiés à cet enjeu majeur.