Égalité professionnelle : la marche vers la mixité risque d’être stoppée pendant les dix prochaines années

Bien que le nombre de femmes actives occupant des postes de haut niveau n’ait cessé d’augmenter, leur présence risque de stagner au cours des prochaines années. C’est ce que révèle l’étude mondiale de Mercer, When Women Thrive, à propos de leur représentation, leur fidélisation et leurs opportunités d’évolution dans les entreprises.

 

Selon l’étude menée par Mercer , dont les conclusions intégrales seront fin janvier 2016 lors du World Economic Forum à Davos, les femmes représenteront d’ici 10 ans 37 % de l’effectif des fonctions « cadre » et « senior management » au niveau européen. Autrement dit, le déséquilibre actuel se maintiendra au même niveau.

 

En revanche, leur proportion de femmes aux postes de direction augmentera en passant de 21 % en 2015 à 33 % en 2025, si les entreprises maintiennent la dynamique en cours. Cette hausse tient essentiellement aux quotas. On constate en effet que ce sont dans les pays où ils ont été adoptés (prévus par la loi ou optionnels) qu’on a vu les plus grands progrès vers la représentation égale des deux sexes.

 

« Dans la plupart des pays en Europe, les quotas ont sérieusement stimulé la présence féminine aux fonctions de management et de haut niveau »,confirme Mandy Schreuder, responsable business development diversité Europe chez Mercer. « Mais il y a le revers de la médaille : si les entreprises se concentrent sur le recrutement de femmes à des postes de haut niveau, il semblerait qu’elles n’y restent pas. Ce qui pourrait menacer leurs progrès en matière de diversité, à moins d’agir dès maintenant ».

 

En raison du vieillissement de la population, les entreprises doivent non seulement veiller à ce que suffisamment de femmes montent les échelons, mais aussi à ce qu’elles soient assez nombreuses à tous niveaux ; c’est la condition sine qua non pour garantir que tous leurs efforts en termes de représentation au travail ne soient pas réduits à néant, insiste Mercer.

 

Une stagnation similaire se dessine également aux États-Unis et au Canada. À l’heure actuelle, 39 % des fonctions cadre et supérieures sont occupées par des femmes. Selon les projections du rapport, cette proportion n’augmentera que de 1 % d’ici 2025, à moins que les entreprises prennent des mesures pour réduire les inégalités en matière d’embauche, d’évolution et de rétention des talents. Pour les fonctions de haut niveau, le pronostic est plus optimiste puisque la proportion féminine devrait passer de 22 % en 2015 à 36 % en 2025. Ce progrès peut notamment s’expliquer par davantage d’équité dans l’évolution vers des niveaux de direction.