Marché du travail: pire que la précarité, la précarité durable.

Le conseil d’orientation pour  l’emploi (COE) constate la forte hausse des CDD dans l’emploi salarié, deux fois plus forte au cours des décennies 1982-2002 que durant la période 1980-1990. +110 % dans un cas, +55 % dans l’autre. . Au-delà du constat quantitatif, le conseil souligne que les contrats précaires sont de plus en plus courts, en particulier dans les secteurs qui ont le plus fréquemment recours. Cette précarité grandissante frappe en premier lieu les jeunes de moins de 25 ans. La moitié d’entre eux sont concernés par l’insécurité de l’emploi.

 

Le COE s’alarme aussi de l’accroissement du nombre de personnes durablement exclues du marché de l’emploi. Plus de 2 millions d’individus en âge de travailler se trouvent dans cette situation, soit 5 % de ceux en âge de travailler. Leurs profils sont variés : chômeurs de longue durée, mais aussi parents ayant interrompu leur parcours professionnel pour élever des enfants, débutants n’ayant pas encore eu un premier accès au monde du travail, personnes en situation de handicap, etc. Une part significative de ces exclus n’est pas inscrite à Pôle emploi et ne bénéficie donc pas d’un accompagnement professionnel. « Tout doit être fait pour favoriser un retour rapide vers l’emploi », en articulant aide sociale et appui professionnel, recommande l’institution.

 

Placé auprès du premier ministre, le Conseil d’orientation pour l’emploi est une instance d’expertise et de concertation réunissant l’ensemble des acteurs du marché du travail. Les partenaires sociaux, y siègent, aux côtés de parlementaires et de directeurs d’administrations centrales de l’État intervenant dans les domaines économique et social. Des responsables d’institutions de service public telles que Pôle emploi, l’Unédic et l’Afpa en sont également membres, au même titre que des représentants de collectivités territoriales et des personnalités qualifiées.