Emplois francs : une expérimentation va être lancée

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé le 8 novembre l’expérimentation des emplois francs dans un nombre limité de quartiers prioritaires de la politique de la Ville

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, les emplois francs se veulent une parade aux discriminations territoriales que subissent les habitants des quartiers sensibles. Ils éprouvent plus de difficulté sur le marché du travail, à diplôme, parcours et âge équivalents.

 

Le dispositif permettra à une entreprise ou une association de bénéficier d’une prime pour l’embauche d’un salarié résidant dans l’une des communes retenues pour l’expérimentation. Pour un CDI, le pécule sera de 5000 € par an sur trois ans maximum. Le montant est plus modéré pour un CDD  de plus de six mois. L’employeur encaisse dans ce cas 2500 € par an, sur 2 ans au plus. La généralisation de la mesure est prévue en 2020.

 

Le ministère du Travail tient à souligner la différence avec les emplois aidés.  « Les emplois francs visent l’insertion dans des contrats de droit commun. Ils diffèrent des contrats aidés, qui ont tendance à inscrire de façon durable les personnes dans un statut précaire ».

 

Le mécanisme n’est pas nouveau. Il avait été introduit entre 2013 et 2015, mais s’était soldé par un échec.  Pour le gouvernement, ce fiasco tenait aux critères d’éligibilité, très limitatifs. L’aide ne concernait que le secteur marchand, à hauteur de 2 500 € par an sur deux ans. Attribué par Pôle emploi, le pécule ciblait les entreprises qui recrutaient en CDI et à temps complet un demandeur d’emploi de moins de 30 ans, résidant depuis six mois en ZUS sur le carreau depuis 12 mois.

 

Résultat : à peine 300 emplois francs avaient été prescrits par Pôle emploi en 18 mois.Le ministère assure que les leçons de l’expérience précédente ont été tirées. Le public cible a été élargi à tout demandeur d’emploi.  Le montant de l’aide a été relevé pour être plus incitatif. Enfin, il est étendu aux CDD de plus de six mois.