En difficulté, Areva recrute le DG RH de la SNCF pour piloter le volet social de son plan de compétitivité

François Nogué actuellement directeur général délégué cohésion et ressources humaines de la SNCF, quitte le groupe et son comité exécutif. Il deviendra, le 1er mars prochain, et membre du comité exécutif d’Areva. Un retour aux sources pour celui qui a effectué la première partie de sa carrière au sein du groupe Framatome, ancêtre de l’ensemble Areva d’aujourd’hui. Il y a été DRH, de fin 1991 à la fin 1998, avant de rejoindre le transporteur ferroviaire.
Son retour intervient dans un contexte très tendu. Le spécialiste du nucléaire vient de publier un chiffre d’affaires 2014 en baisse de 8 %, à 8, 336 millions d’euros, nettement inférieur aux attentes. Le DG, Philippe Knoche, a déclaré reconnaît que « l’année 2014, et plus particulièrement le second semestre, a été éprouvante ». Et il a annoncé « un plan de compétitivité ». Celui devrait se traduire par une nouvelle sévère restructuration et sans doute des externalisations. François Nogué sera l’artisan de cette opération, dont l’architecture générale devrait être dévoilée le 4 mars, lors de la présentation officielle des résultats annuels.
Sans attendre, certains sites annoncent la couleur. C’est le cas de La Hague, où 500 suppressions de postes sont prévues d’ici à 2020, à raison d’une centaine par an, selon l’Unsa. Localement, l’entité table sur la réorganisation des services et la sous-traitance. « La diminution des effectifs a ses limites. L’outil industriel nécessite un minimum de salariés pour le faire fonctionner dans des conditions optimales de sécurité, selon les limites fixées auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire », prévient le syndicat. Tout en indiquant ne pas remettre en cause les compétences des entreprises sous-traitantes. « Le problème réside dans la différence des statuts, des formations et des moyens humains et matériels, qui leur seront permis par les contrats ». Pour la CGT, « la situation actuelle nécessite la mise en place d’un droit d’alerte permettant d’étudier plus précisément les résultats des précédentes réorganisations et décisions stratégiques, de mesurer l’ampleur de nos difficultés et sûrement de partager les mesures correctives à prendre ».