En faillite, 55 000 dirigeants ont perdu leur emploi l’an dernier

Altares, spécialiste de la data economy, et l’association GSC dévoilent les chiffres de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. On y apprend que l’an dernier, 55 000 dirigeants ont perdu leur job, pour cause de faillite.

Patron un jour, chômeur le lendemain. L’an dernier, plus de 55 000 entrepreneurs sont passés d’une situation à l’autre, après la liquidation judiciaire de leur société. Le portrait robot est celui d’un quadra, voire d’un quinqua, jusque là gérant d’une petite SARL, employant un à trois salariés. Dans neuf cas sur dix, le chiffre d’affaires est inconnu ou inférieur à 500 000 €.

 

Dans le détail, les entrepreneurs du bâtiment (24,8 %) et ceux du commerce (23,1 %) concentrent à eux seuls près de la moitié des pertes d’emploi. La reprise de l’immobilier apporte une bouffée d’oxygène aux premiers. L’amélioration de la conjoncture permet aussi une meilleure résistance des sociétés orientées B to B. En revanche, pour celles dont les activités visent le consommateur, c’est toujours la galère. Leurs dirigeants sont toujours aussi nombreux à rester sur le carreau. Ceux qui sont obligé de mettre un genou à terre sont même plus nombreux en 2016 qu’en 2015 dans les magasins multi-rayons (+ 6 %). Dans les autres activités, les pertes d’emploi se stabilisent, mais  à des niveaux élevés. 2200 sinistres dans la restauration rapide, la moitié dans les débits de boisson. Durement concurrencés par les transports alternatifs, les taxis (+ 54 %), tout comme les auto-écoles (+ 20 %). Dans un autre registre, certaines prestations de service restent à la peine. C’est le cas des activités juridiques où le nombre de pertes d’emploi augmente de 23 % et des soins infirmiers (+ 21).

 

Pour Daniel Thébault, président de l’association GSC,  ancien président du Medef Midi-Pyrénées,  (photo), « le risque n’est pas toujours prévisible et s’impose bien souvent, indépendamment des compétences et des qualités d’entrepreneur. » Le rebond n’est pas garanti. Il est « probable pour les 4 800 jeunes chefs d’entreprises dans cette situation en 2016, il  peut s’avérer incertain pour les dirigeants de plus de 50» analyse Charles Battista, directeur des relations externes, chez  Altares