En forte progression, les agrégateurs d’offres d’emploi ont des lacunes

Sous la plume de Yannick Fondeur, le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) publie une étude sur Google et le marché numérique du travail. Elle constate la fulgurante montée en puissance des agrégateurs, publics et privés, mais souligne leurs lacunes. 

Le site de Pôle emploi campe solidement en tête des agrégateurs d’offres d’emploi. Il est talonné depuis 2014 par l’américain Indeed, leader mondial du secteur, et par Leboncoin. Dans leur sillage des dizaines de sites se cherchent une place. Leur rapide montée en puissance des opérateurs s’explique par leur capacité à réunir en un seul point des annonces éparpillées sur la toile. « Loin de faire advenir une bourse à l’emploi globale, le développement d’Internet a favorisé une diffusion décentralisée des offres qui se trouvent dispersées sur une multitude de supports», souligne Yannick Fondeur.   

 

 

Toutefois, les agrégateurs font face à un problème de taille : l’absence d’un format standard. Quelques tentatives engagées en la matière se sont heurtées à des problèmes de compatibilité. « Les offres d’emploi sont publiées selon divers formats de données, qui nuisent à leur circulation d’une base à l’autre » , note le CEET. En outre, il n’existe pas de lexique partagé par les acteurs pour qualifier les emplois, notamment en termes de métiers et de compétences.

 

Sur ce point, Pôle emploi a une longueur d’avance. Alors que les sites privés s’appuient sur le libellé des petites annonces et proposent une recherche de mots-clés en plein texte, l’opérateur public tente d’imposer sa catégorisation des offres, notamment sa nomenclature des métiers et des emplois, baptisée Rome. Il peut ainsi fournir aux candidats un classement des offres leur permettant de circonscrire précisément leurs recherches. L’inconvénient, tempère le CEET, c’est que ce tamis aboutit à la perte d’un nombre important d’offres que le système ne parvient pas à identifier.

 

On peut supposer que les informaticiens de Pôle emploi y travaillent.