Enquête Cegos : réseaux sociaux et travail collaboratif gagnent du terrain en entreprise

Cegos publie la seconde édition de son baromètre « Usages et impacts des réseaux sociaux et du digital dans l’entreprise », la précédente datant de 2012. Pour cette fois, 1000 salariés et 300 dirigeants et managers impliqués dans le pilotage des réseaux sociaux et du digital pour leurs entreprises de plus de 50 salariés ont été interrogés en juin dernier. Résultat : les réseaux sociaux et, plus globalement, les outils numériques sont pleinement entrés dans le quotidien des salariés, qui jugent leur impact positif.

 

6 salariés sur 10 et près d’un dirigeant sur 2 se connectent au-moins une fois par jour aux réseaux sociaux. Cette adoption se révèle unanime, sans fracture générationnelle notable. Facebook reste le réseau social préféré des salariés (72 % l’utilisent, + 11 points vs. 2012), alors que les dirigeants / managers privilégient les réseaux professionnels (92 % utilisent Viadeo, 82 % LinkedIn).

Signe que le digtial s’ancre bien dans les pratiques professionnelles,  46 % des personnes interrogées acceptent ou sollicitent des mises en relation avec leurs patrons ; un chiffre en hausse de +154 % depuis 2012 ! Les réseaux sociaux tendent donc à effacer l’autorité « verticale », en ligne avec l’évolution actuelle du mode managérial. D’ailleurs, les simples collaborateurs y sont plus accros que les dirigeants et managers. Ainsi, 25 % des dirigeants et managers pensent qu’il est possible de travailler sans les réseaux sociaux, contre 61 % des salariés.

De même, 36 % des membres de la hiérarchie estiment possible de vivre sans les réseaux sociaux, contre 56 % des employés de base.  Pour Patrick Galiano, expert en formation à distance chez Cegos, les différences les plus visibles entre les deux catégories « ont trait à l’efficacité professionnelle, à la gestion du temps, à la charge de travail, aux relations avec le supérieur hiérarchique. Autrement dit, c’est bien le rôle central des ressources humaines dans la digitalisation du travail dans l’entreprise qui transparaît ». Et il ajoute : « dans l’activité professionnelle proprement dite, les réseaux sociaux sont utilisés par les salariés d’abord dans une logique de partage et de communication et peu pour travailler ensemble. Côté managers, l’usage business est encore peu développé, même si un usage RH  notemment en matière de recherche d’emploi et de  recrutement commence à émerger. »

 

Le réseau social d’entreprise et les outils collaboratifs gagnent du terrain

Près de 30 % des personnes interrogées pensent que leur entreprise dispose d’un réseau social interne et près des 2/3 l’utilisent. Le réseau social d’entreprise gagne donc du terrain et cette évolution semble progressive puisque 19 % des entreprises envisagent d’en créer un. Parmi la palette d’outils collaboratifs ’hui disponibles , les outils de conversation et de travail collaboratif sont les plus répandus : 76 % des dirigeants/managers utilisent la visio-conférence, 45 % des salariés la messagerie instantanée, etc. Les outils de contenus (plateforme de formation du type e-learning, blogs, wikis, web TV…) sont les moins utilisés. Philippe Gérard, expert de la communication digitale chez Cegos  explique : « l’unité de lieu physique de l’entreprise perd du terrain, au profit des espaces de co-working, de tiers-lieu. Ces phénomènes sont surtout visibles dans les petites organisations de type start-up, mais les grandes entreprises sont, elles aussi, amenées à redéfinir la manière dont on travaille en leur sein. » La tendance pourrait s’accélérer sir les dirigeants n’éprouvaient pas des difficultés à utiliser tous les outils disponibles et à les manipuler. Beaucoup d’entre eux manquent tout simplement d’information sur le sujet.  « Les salariés peuvent être les fers de lance des mutations en cours : 6 sur 10 ont conscience de la digitalisation de leur environnement de travail ; et 8 sur 10 ne la perçoivent pas comme une source d’inquiétude. Notre enquête montre que les réseaux sociaux ont créé un nouveau métier dans une entreprise sur deux : c’est une proportion très importante au regard de la ‘jeunesse’ de ces outils. Les ressources humaines ont tout à gagner à s’appuyer sur cette prise de conscience positive des salariés pour relever le défi de la transformation digitale», conclut Patrick Galiano.