Entreprendre ou diriger une PME, c’est accepter de travailler sans répit

On s’en doute, mais une enquête de l’éditeur de solutions de gestion Sage situe l’ampleur du sacrifice que doit consentir tout entrepreneur ou patron de PME. L’étude a été menée dans 11 pays, auprès de 2621 entreprises de moins de 100 employés. Un échantillon de 241 entreprises françaises y a participé.

 

En France, un créateur d’entreprise sur trois est contraint de mettre de côté sa vie familiale. Dans quatre cas sur dix, l’engagement professionnel affecte les relations avec l’entourage. Même les liens amoureux en prennent un coup. 18 % de ceux qui créent leur boîte avouent être amenés, de temps en temps, à poser un lapin à leur partenaire. Et tout cela paraît justifié, aux yeux des intéressés . Ils sont 72% d’entre à juger utile de fournir des efforts supplémentaires et de travailler au-delà des horaires habituels de leur secteur d’activité, dans le but d’accroître la profitabilité de leur entreprise.

 

L’expression « être marié avec son boulot » prend tout son sens quand on apprend que plus d’un business man sur deux (56%) organisent leur journée en fonction de leurs clients. Et cela ne s’arrête jamais. Même en vacances, 12 % des des entrepreneurs consacrent 20 heures par semaine ou plus à leur affaires.

 

Les nouvelles technologies contribuent un peu à alléger la charge. Mais dans ce domaine, la marge de progression reste importante. Seulement 37% des intéressés considèrent qu’échanger des mails via les smartphones contribue à réduire le temps de travail. Le partage de fichiers et le travail participatif via des logiciels collaboratifs ne diminuent le temps de travail effectué que pour 26% des personnes interrogées. S’ils devaient se forcer à faire comme tout le monde, les créateurs négligeraient les tâches administratives . « Le degré d’engagement est d’autant plus fort que l’entreprise est petite », indique Serge Masliah, Directeur Général de Sage France. Avant de préciser : «  Les entrepreneurs nous disent que la mobilité et le numérique font partie de leurs premiers recours pour atténuer l’impact des heures supplémentaires sur leur vie personnelle. »

 

Ces caractéristiques ne sont pas propres aux petits patrons français. L’étude de Sage montre qu’ils seraient même plus modérés que leurs homologues allemands ou britanniques.