Entretien annuel d’évaluation : son utilité reste à prouver

Attendu avec impatience par certains, jugé fastidieux par d’autres, l’entretien annuel est un des temps forts de l’année en matière de ressources humaines. Mais est-il vraiment utile? Elevo, plateforme de management de la performance et des talents, a posé la question à 1500 salariés. Résultat : la pratique est courante, mais elle n’est pas toujours perçue comme utile.

 

L’étude montre que seuls 15 % des sondés ayant passé un entretien annuel l’ont trouvé très utile. En outre, 41 % l’ont trouvé « assez utile ». A l’inverse, et 44 % l’ont trouvé « assez peu utile », voire « pas du tout utile ».

 

La surprise vient des salariés de grands groupes, où en principe, l’exercice est normé et bien encadré. Dans ces entreprises, 55 % des salariés jugent ce passage obligé « exercice particulièrement inutile ».

 

En outre, l’utilité perçue décroît fortement avec le nombre d’années d’ancienneté : 67 % des salariés ayant moins de 5 ans d’ancienneté le trouvent utile, contre 59 % des collaborateurs qui totalisent 5 et 10 ans d’expérience ou 47 % de ceux présents chez leur employeur depuis plus de 10 ans.

 

La réponse se trouve dans le formalisme du procès. Il est trop souvent lié à la rémunération. Pire, il génère de la frustration et reste souvent « une occasion ratée de renforcer les liens de confiance entre managers et collaborateurs ».

 

 

« L’entretien annuel ne doit pas être abandonné, mais revu de sa conception à sa finalité et associé à d’autres périodes d’entretiens dans l’année pour assurer le bon suivi des collaborateurs », commente Étienne le Scaon, cofondateur d’Elevo. L’autre cofondateur, Thibault Vilon, abonde : «  L’exercice est très formel et gagnerait à devenir trimestriel ou semestriel, ce qui permettrait de capitaliser sur la relation construite avec les salariés. Sinon, ceux-ci risquent de se désengager et les conséquences financières pour l’entreprise peuvent être lourdes ».