Équilibre des temps de vie : les DRH ne peuvent plus faire la sourde oreille

 Les employeurs qui font face la persistance de l’absentéisme -voir le document ci-contre- devraient lire attentivement les résultats du dernier Baromètre de l’Observatoire de la parentalité en entreprise (OPE), réalisé en collaboration avec l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Il s’y confirme l’insatisfaction croissante des salariés en ce qui concerne la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

 

Ils sont catégoriques : neuf salariés sur dix considèrent l’équilibre des temps de vie comme un sujet de préoccupation important. Dans le même temps, sept sur dix manquent de temps au quotidien.  Au-delà donc du temps passé au travail, de plus en plus élastique, c’est la fréquente incursion qui est mise en cause. Ce n’est pas sans rapport avec la digitalisation.

La proportion de salariés estimant souffrir d’un déséquilibre des temps de vie est à la hausse par rapport à l’année dernière. Les deux tiers du panel estime que l’employeur « ne fait pas beaucoup de choses » pour aider à concilier les deux sphères, un record. Pourtant, une très large proportion des salariés interrogés indique que cela améliorerait la qualité de vie et la santé au travail (96%), le climat social (96%), leur engagement personnel (95%) et in fine la performance économique de l’entreprise (90%). 

 

 Les résultats de l’enquête font ressortir une situation contrastée en fonction des  catégories socioprofessionnelles et de la taille des entreprises. Les collaborateurs de sociétés de 250 à 500 personnes disent avoir des difficultés, tandis que leurs homologues des grands groupes s’estiment plutôt satisfaits.  Concernant les cadres, ceux des PME se plaignent particulièrement du stress et de la fatigue générés par la vie professionnelle qui rejaillit sur la vie familiale et personnelle. Ils déplorent en outre des trajets domicile-travail trop longs et la difficulté à prendre du temps pour soi. 

 

Le Baromètre s’est aussi intéressé aux attentes des salariés. 60% des mesures souhaites  sont relatives à l’organisation du travail : horaires souples (43%), possibilité d’aménager les plages de présence en fonction des contraintes parentales (39%), charge de travail raisonnable (36 %), règles de vie quotidienne simples comme éviter les réunions tôt le matin ou tard le soir (26 %) ,télétravail et travail à distance (26%), organisation efficace des réunions (19 %). 

Certains aimeraient bénéficier d’un soutien financier : mutuelles familiales (33%), congés familiaux rémunérés (18%), aide à la garde de jeunes enfants, soutien scolaire (17%). Quelques dispositions d’ordre managérial sont également invoquées par une personne sur dix, en particulier la  sensibilisation et formation des managers.