Équité : deux salariés sur trois ignorent combien gagnent leurs collègues

En matière salariale comme dans bien d’autres domaines, la transparence est le premier pas vers l’équité. Mais en France, le salaire reste un tabou que ni les employeurs ni les salariés eux-mêmes ne sont prêts à briser.

 

L’étude que Glassdoor a fait réaliser par Harris Interactive (un millier d’adultes interrogés en ligne entre le 18 et le 25 novembre 2014) montre que les discussions sur les salaires au travail relèvent toujours du tabou. Seuls 37 % des salariés savent combien gagnent leurs collègues. Et parmi ceux qui en sont informés, deux sur trois précisent que c’est uniquement parce que les collègues concernés sont « très ouverts à la discussion sur les rémunérations et avantages sociaux ». Mais 16 % reconnaissent avoir obtenu cette information par biais de commérages et 6 % parce que l’intéressé ou un membre du staff a laissé traîner des informations sensibles. Il arrive aussi et c’est regrettable, que des membres de DRH se rendent coupables d’indiscrétion.

 

Réticents à communiquer des informations les concernant, les salariés interrogés par Glassdor, communauté en ligne dédiée à l’emploi et à la carrière, estiment pourtant, majoritairement, que les employeurs devraient être contraints de communiquer davantage sur le sujet. Parmi les avantages perçus figurent l’équité, la réduction des inégalités entre hommes et femmes, la lutte contre les discriminations et l’instauration d’un climat de confiance au sein de l’entreprise.

Actuellement, un employeur sur cinq (20 %) communique sur les salaires en interne et 10 % le font en dehors de l’entreprise. Ce manque d’information empêche les salariés de se positionner sur le marché et cela complique le choix du futur employeur, les candidats à l’embauche ne sachant pas quel traitement leur sera réservé.

 

« Les gens n’aiment pas dire combien ils gagnent à leurs amis, collègues ni même parfois à leur conjoint, mais ils sont favorables à plus de transparence sur les salaires dans l’entreprise. En plus de forcer les employeurs à davantage d’égalité de traitement, une telle approche contribuerait à réduire l’écart des salaires entre homme et femme. Il faut mettre un terme à cette loi du silence », commente Joe Wiggins, expert chez Glassdoor

Toutefois, note l’enquête, les Frenchies sont moins hermétiques que leurs voisins allemands. 63 % de nos compatriotes acceptent, en petit comité, de communiquer sur leur salaire. Seuls 45 % des Allemands sont prêts à dévoiler leur traitement de façon anonyme, et à peine 28 %, si cela devait se faire nommément.