État de la France 2015 : le Cese propose de s’appuyer sur le social pour relancer la croissance

L’édition 2015 du rapport annuel sur l’état de la France réalisé par le Conseil économique social et environnemental (Cese) a été présentée le 23 septembre par son rapporteur, l’avocat Daniel-Julien Noël, président de la Chambre nationale des professions libérales. Le document insiste la nécessité d’actionner les leviers sociaux pour relancer la croissance : lutte contre le chômage et les inégalités, soutien à la formation, investissement dans le développement durable.

 

La formation demeure une arme efficace pour l’emploi, rappellent les conseillers du Palais d’Iéna. Réclament « des mesures réglementaires visant à renforcer la formation tout au long de la vie et la sécurisation des parcours professionnels ». Une façon de dire que les dispositifs actuels restent insuffisants. Le rapport invite l’exécutif à viser des objectifs à long terme, sans rester les yeux rivés sur les statistiques mensuelles. « Les politiques d’investissement pour lutter contre le chômage étant sur le court terme, elles doivent dorénavant s’inscrire dans une stratégie de développement durable dont la rentabilité ne doit pas constituer le seul moteur », est-il indiqué.

 

En outre, le Conseil économique social et environnemental sonne l’alarme en ce qui concerne les inégalités qui augmentent, y compris dans le monde rural, alimentées par la fracture entre ceux qui ont un emploi et les exclus du marché du travail. Il y voit un risque de « fragilisation du pacte républicain », le phénomène touchant également le milieu rural.

 

Pour les auteurs du rapport, une réforme fiscale d’ampleur s’impose. Celle-ci serait axée sur une plus grande justice sociale et ferait la part belle à la famille, considérée comme « un rempart contre la précarité ». Et tout cela en se plaçant dans un contexte européen. Au niveau de l’UE, est-il recommandé, « des critères de convergence sociaux doivent être mis en place pour lutter contre le dumping ».

 

À l’approche de la conférence de Paris sur le climat, le document appelle à faire du développement durable un levier stratégique. Une position défendue à longueur d’avis par le Cese. À ses yeux, le projet de loi de programmation pour un nouveau modèle énergétique constitue une réelle avancée. Saluant les progrès initiés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, le rapport 2015 sur l’état de la France considère toutefois que « le ralentissement de la croissance dans les pays développés et l’impuissance des politiques économiques à résoudre le problème du chômage devraient conduire à réfléchir à des modèles différents ». Notamment, en élaborant autour de la transition énergétique des programmes d’investissement générateurs d’emplois qualifiés.