Étude ACMS : le statut de soignant est un handicap indirect pour les salariés concernés

L’ACMS, service interentreprises de santé au travail qui intervient sur les huit départements d’Île-de-France a mené une étude sur l’impact du statut d’aidant sur les salariés impliqués, sur leur travail, leur maintien dans l’emploi et leur santé. Conclusion, c’est une forme de handicap.

Pour apprécier le retentissement de la situation, les équipes de l’ACMS s’appuient sur deux enquêtes – quantitative et qualitative- menées en 2015. Elles montrent que la situation d’aidant constitue un « handicap indirect » pour les salariés parce que l’incidence sur leur vie personnelle et professionnelle est forte, à tel point qu’ils négligent leur propre santé.

Huit aidants sur dix ne bénéficient d’aucune allocation spécifique. Près de 20% avaient des difficultés à concilier leur situation personnelle avec leur vie professionnelle. Plus d’un tiers ont été amenés à suspendre temporairement leur activité professionnelle. Ils sont aussi nombreux, proportionnellement à faire part d’accidents de parcours professionnel ou d’un frein à l’évolution de leur carrière . Un quart des aidants déclaraient avoir bénéficié d’un aménagement du poste de travail. Un peu moins de 34%) estiment ne pas pouvoir consulter un professionnel de santé aussi souvent que nécessaire.

Sur un autre plan, les aidants s’oublient au profit de la personne aidée. Ils ne sont plus à l’écoute de leur propre santé. La conciliation avec leur vie professionnelle est aussi parfois difficile car ces personnes ont besoin de temps pour gérer leur situation. L’enquête a identifié trois profils types. Primo, le super-héros : parent d’enfant handicapé donnant sans limite pour accomplir « sa mission ». La conciliation avec la vie professionnelle est compliquée mais il y parvient. Secundo, le méritant : le fort sentiment de reconnaissance lui permet de supporter l’insupportable. Tertio, l’écartelé : l’impossibilité de faire face à toutes ses « obligations » provoque chez lui un sentiment de tiraillement ; sentiment d’autant plus fort qu’il souffre d’une absence de reconnaissance de la part de la personne aidée et de son entourage.

En outre, l’étude a permis de souligner le rôle essentiel joué par les services de santé au travail après des aidants : écoute, proposition d’aménagements d’ordre professionnel (modulation d’horaires, télétravail…), renseignement sur les dispositifs d’aide institutionnels, sensibilisation des employeurs.

 

Prtès de quatre millions de personnes aideraient régulièrement un proche malade, en situation de handicap ou de dépendance. Et près de la moitié d’entre eux exercent une activité professionnelle. Les services de santé au travail csont confrontés à ces personnes aux prises avec moult difficultés du fait de leur situation d’aidant non professionnel. Ils en parlent souvent aux médecins, infirmiers et assistants sociaux du travail.