Étude : l’entreprise, une star bien perçue, mais critiquée

Le regard que portent les Français sur l’entreprise est devenu plus positif, constate une enquête de l’Institut de l’entreprise, menée en collaboration avec Elabe et le Parisien Week-end. Favorables, mais pas naïfs, ils attendent de l’entreprise qu’elle forme davantage et répartisse plus équitablement le profit.

Selon le document, 71 % des Français déclarent avoir une bonne image des entreprises. Plus de trois Français sur quatre reconnaissent que l’entreprise est un lieu de formation, de création, d’innovation et de transmission. Ils sont même une majorité (56 %) à considérer que c’est un lieu d’épanouissement personnel.

 

Les catégories sociales supérieures ont une bien meilleure image de l’entreprise. Artisans, commerçants, chefs d’entreprises : 79 %. Cadres et professions intellectuelles supérieures : 76 %. Les scores sont inférieurs dans les catégories sociales populaires. Employés : 68 %. Ouvriers : 62 %. Chômeurs (48 %). Positif, le regard n’est pas naïf.  Lorsque l’on demande aux Français de sélectionner les mots qui caractérisent le mieux leur état d’esprit vis-à-vis des entreprises, la méfiance arrive en tête, avec 42 % des réponses. La confiance, l’attachement et l’enthousiasme recueillent respectivement des 34 %, 24 % et 22 %. C’est chez les jeunes que l’on trouve le plus « d’enthousiastes » et chez les plus âgés que l’on recense le plus grand nombre d’« attachés ».

 

En outre, la qualité de l’image est proportionnellement inverse à la taille de l’entreprise. Si les TPE et les PME disposent d’une excellente image (90 % de bonne image, dont 31 % de « très bonne image »). Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont créditées de 70 % de bonne image, dont 10 % de très bonne image. Les Français se montrent nettement plus critiques envers les grandes entreprises. Globalement, analyse Antoine Frérot (photo) , président de l’Institut de l’entreprise, les Français ont pris conscience que « toutes les réponses aux inquiétudes sur l’évolution de leur niveau de vie, de leur employabilité, de leur cadre de vie et de l’environnement ne viendront pas de la puissance publique. Une grande part de la solution vient déjà – et viendra de plus en plus – des entreprises ».

 

L’institut a également voulu savoir quelles actions les Français souhaitent que les entreprises mettent en œuvre en priorité, afin d’améliorer les choses dans la société. Leurs réponses sont claires. Primo, former les salariés aux compétences de demain (72 %). Secundo, partager plus équitablement les profits entre les dirigeants, les salariés et les actionnaires (67 %). Tertio, favoriser l’insertion des jeunes dans l’entreprise (65 %). Quarto, assurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (61 %). Cinquo, assurer une place plus importante à leurs salariés et à leurs clients dans leurs instances de gouvernance (55 %).