Randstad Workmonitor : pour les postes de management, les femmes restent pénalisées par des stéréotypes

Homme ou femme, peu importe. En France, une grande majorité des salariés préfèrent être dirigés par un manager de sexe masculin, selon l’étude Randstad Workmonitor. Quitte à choisir, les deux tiers (67 %) des salariés de sexe masculin et plus de six salariées sur dix (61 %) préfèrent être managés par un homme plutôt que par une femme, selon l’enquête, menée en ligne du 20 juillet au 4 août 2016 auprès d’un panel de 1 000 employés âgés de 18 à 65 ans, travaillant au moins 24 heures par semaine.

 

Ce résultat est le signe de la persistance, en France, des clichés associés aux postes à responsabilité et à leurs attributs – autorité, leadership, charisme, etc. –, qui seraient encore considérés comme des qualités plus masculines que féminines. « La préférence marquée des salariés français pour un manager masculin reflète particulièrement les stéréotypes dont souffrent les femmes sur les postes de management. Ces résultats sont à mettre en perspective avec le faible nombre de femmes managers et avec le fait que, historiquement, les femmes accédant à des postes de manager empruntaient naturellement les codes de management dits masculins ». Ceci peut expliquer pourquoi les stéréotypes perdurent et que les salariés préfèrent un manager homme, qu’ils ont davantage l’occasion de voir à l’œuvre », confirme Aline Crépin, directrice de la RSE du groupe Randstad France.

 

La France est plutôt bien placée, si l’on tient compte du pourcentage de femmes dans les conseils d’administration. Toutefois, les stéréotypes concernant les femmes demeurent. Le frein au développement du management féminin relève davantage des idées reçues que d’un réel défaut de compétences. Enfin, les femmes ont, plus fréquemment que les hommes, une fâcheuse tendance à s’autocensurer et n’osent pas prétendre aux postes de management.

 

Une majorité des salariés interrogés (58 % des femmes et 71 % des hommes) dans les 33 pays couverts par l’étude Randstad Workmonitor émettent une préférence pour un management masculin. Ces résultats semblent signifier qu’hommes et femmes portent le même regard sur les femmes managers. Un regard teinté de suspicion. Les femmes ne sont d’ailleurs pas plus bienveillantes que les hommes envers les femmes managers, explique Aline Crépin.

 

Si les résultats pour les pays du nord de l’Europe n’étonnent pas, relevons que certains pays latins, réputés plus machistes, présentent des résultats relativement paritaires. C’est le cas en Espagne, où 42 % des hommes et 57 % des femmes préféreraient être managés par une femme. C’est en Suède que l’on retrouve la plus grande proportion d’hommes favorables à l’idée d’être managés par une femme (44 %) tandis que c’est en Inde que les femmes (59 %) sont les plus nombreuses à privilégier une femme manager plutôt qu’un homme.