Feuille de route pour un Pôle emploi cent pour cent efficace

Si elle veut améliorer la qualité de ses prestations, la direction de Pôle emploi sait ce qu’il lui reste à faire. La Cour des comptes lui a pratiquement tracé une feuille de route en trois étapes.

 

La première consisterait à « améliorer les services aux employeurs et aux demandeurs d’emploi ». pour commencer, les conseillers devraient être plus rigoureusement sélectionnés à l’embauche, et devraient bénéficier d’une formation adéquate, afin d’acquérir une connaissance suffisante du marché du travail et des entreprises. Il faudra aussi faire évoluer leurs méthodes de travail, seule façon de faire correspondre le contenu de l’accompagnement proposé aux caractéristiques des demandeurs d’emploi et des entreprises. La Cour des comptes recommande d’ introduire une norme minimale de fréquence d’entretien et de contact par modalité d’accompagnement , de renforcer le suivi de la différenciation des services et de réaliser obligatoirement le premier rendez-vous d’accompagnement
le plus tôt possible après le diagnostic.

 

La deuxième étape de la feuille de route touche à la gestion de l’organisme. Alors que le service public de l’emploi met en avant son maillage serré du territoire, les magistrats de la rue Ambon lui suggèrent de « réduire le nombre d’agences dans le cadre d’un plan pluriannuel », tout en développant la complémentarité des canaux d’accès : accueil physique, téléphone, internet, courrier postal et courrier électronique. En revanche, il lui est conseillé d’augmenter par redéploiement le nombre des agents délivrant les services aux demandeurs d’emploi et aux entreprises, ainsi que le temps effectif consacré par chaque conseiller au placement des demandeurs d’emploi et aux entreprises. Autrement dit, moins d’agents affectés à la paperasse, davantage d’interlocuteurs face aux chômeurs et aux entreprises qui recrutent. La dématérialisation devrait y aider. La direction est invitée à s’y appuyer pour stabiliser les effectifs. Et s’il le faut, en « recourant à la sous-traitance et aux recrutements en CDD lors des variations de la conjoncture, au besoin en remettant en cause les dispositions limitatives de la convention collective nationale ».

 

Troisième série de dispositions évoquée par la Cour des comptes,  la pratique régulière de l’évaluation permettra de mesurer les résultats à l’aune des moyens déployés. Il s’agira notamment de « faire réaliser, sous l’égide d’une instance externe à Pôle emploi, des études de cohortes permettant d’apprécier la qualité et la performance des différentes modalités (internes et externes) de suivi des demandeurs d’emploi, ainsi que celles des processus de diagnostic et d’orientation des demandeurs d’emploi vers ces modalités de suivi ». Dans le même ordre d’idées, les conseillers se verraient fixer des objectifs
individualisés qualitatifs mais aussi quantitatifs