Fonction publique : le projet d’accord sur la qualité de vie au travail ne fait pas l’unanimité

L’accord-cadre sur la qualité de vie au travail ne passera pas comme une lettre à la poste. Le texte soumis à la signature des syndicats jusqu’à mi-février est diversement apprécié. Pour l’heure, seuls d’entre eux ont annoncé la couleur : l’Unsa qui  l’approuve et FO qui n’y apposera pas son paraphe . La CFDT se prononcera dans les prochains jours.

Pour l’Unsa qui pèse 10,3% des voix dans l’ensemble de la fonction publique, le projet est « satisfaisant tant au niveau des objectifs politiques gouvernementaux qu’en ce qui concerne les mesures concrètes et les droits nouveaux ouverts aux ». Le secrétaire général de la Fédération Unsa Fonctionnaires, Guy Barbier, considère que le texte s’inscrit dans la suite logi­que des accords que son organisation a déjà signés dans ce domaine, comme ceux relatifs à la santé au travail (2009), à la prévention des risques psychosociaux, ou encore à l’égalité professionnelle.

FO (18,6% des suffrages dans les trois versants lors des élections de décembre dernier), fait une analyse différente. Selon elle, « ce texte occulte tous les paramètres négatifs ayant dégradé la qualité de vie au travail ces dernières années ainsi que les projets gouvernementaux ». La Fédération générale des fonctionnaires Force ouvrière emmenée par Christian Grolier, souligne l’omission de plusieurs sujets délicats, dont notamment « la suppression massive de poste depuis 2007 alors que les missions restent les mêmes ». Elle insiste aussi sur la mobilité forcée et ses conséquences, les réorganisations et mutualisations provoquées par la modernisation et la décentralisation. Sans parler des futurs redécoupages territoriaux (création des métropoles, nouvelles régions, etc. La décision du syndicat est prise, elle ne signera pas.

La CGT, première organisation (23,1 %) et la CFDT, numéro deux avec un score de 19,2 %, ne se sont pas encore prononcé, mais on sait que la première se montre plutôt tiède, tandis que la seconde, tout en étant critique sur certains points, serait prête à transiger. « La commission exécutive de la CFDT Fonctions publiques fera connaître son intention de signer ou pas le projet d’accord  dans les premiers jours de février », dit son leader.  Dans ces conditions, l’arbitrage des autres organisations, dont la FSU et Solidaires, mais aussi les plus modestes en nombre de voix, telles que la CFTC, la CFE-CGC, la FGAF, ou encore la FA-PT sera déterminant. L’accord ne sera valide et que s’il est avalisé par un nombre de syndicats représentant au moins 50 % des résultats des dernières élections.