Formation : les entreprises investissent, mais négligent le suivi

Les salariés qui souhaitent se former ne rencontrent pas de difficulté particulière pour accéder à des sessions proposées par leur entreprise, même si leur souhait n’est pas précisément exaucé. Quoi qu’il en soit, ils préfèrent majoritairement les stages en salle au e-learning et déplorent l’absence d’évaluation. Ce sont les principales conclusions d’une enquête que publie Demos.

 

L’accès à la formation est plutôt facile en entreprise, reconnaissent 71% des 358 salariés interrogés par Demos. Ils sont généralement au fait du catalogue proposé par, via leur manager. Lequel, dans six cas sur dix, aborde systématiquement ce thème lors de l’entretien annuel d’appréciation. Même si, en fin de compte, le stage qui va être suivi n’est pas toujours celui souhaité par le collaborateur. A la question ‘‘vos souhaits sont-ils pris en compte pour décider des formations que vous suivez ? ’’, 47,8 % qui répondent ‘‘parfois mais pas toujours’’. Sur ce point, Denis Reymond, directeur des practices management et RH met en garde les encadrants et les responsables RH contre la frustration qu’ils peuvent générer. « En demandant à un salarié ce dont il a besoin, ce dernier peut avoir l’impression qu’il peut tout avoir. L’entreprise doit faire preuve d’arbitrage en fonction de sa stratégie, de ses besoins et de son budget ».

 

 L’enquête met en relief le conservatisme qui perdure, en ce qui concerne les canaux d’apprentissage. Pour améliorer leurs compétences, les salariés préfèrent de loin la traditionnelle session en salle au e-learning. Pourtant, ils ne sont pas réfractaires à l’enseignement à distance. Deux sur trois se disent prêts à s’y adapter. Mais lorsqu’on leur demande sous quelle modalité ils souhaiteraient suivre leur prochaine formation, ils sont seulement 5, 3% à choisir une session en ligne. « Le e-learning est une réponse qui repose sur des contraintes telles que le temps et le coût, mais qui ne tient pas forcément compte des besoins. Il ne faut pas confondre facilité d’accès et facilité d’apprentissage quand on parle d’e-learning » explique Denis Reymond. En outre, il est plus difficile de trouver la motivation nécessaire face à un ordinateur que dans le cadre d’un stage classique. Et cela se ressent sur le taux d’abandon qui est beaucoup plus important.

 

 Autre constat : les entreprises investissent dans la formation mais ne se donnent pas les moyens d’en organiser le suivi. 48% des sondés n’ont aucun entretien après avoir participé à une formation, ni par le manager, ni par les services RH. « Une formation sans suivi perd tout son sens. Il est primordial qu’il y ait un lien entre la formation et l’activité quotidienne une fois de retour en poste », insiste-t-on chez Demos. Enfin, et c’est surprenant, un peu plus de la moitié des sondés n’envisagent pas de suivre une formation diplômante, qualifiante ou certifiante dans les cinq années à venir. Ce chiffre s’explique notamment par le fait que six personnes sur dix ne sont pas disposées à mettre la main à la poche pour un tel cursus. Cette prudence financière pourrait s’estomper partiellement, avec l’entrée en vigueur du compte personnel de formation au 1er janvier 2015.