Formation supplémentaire de 500 000 demandeurs d’emploi : la bataille commerciale est engagée

D’un côté, l’Afpa, premier organisme de formation de l’hexagone qui renforce son état-major pour profiter au mieux de cette manne. De l’autre, la fédération de la formation professionnelle qui veut faire valoir son savoir-faire collectif en réclamant des règles de concurrence transparentes.

 

Le 3 février dernier, le patron de l’Afpa nommait Rémi Bordet, directeur du développement service public, est chef de projet du « Plan 500 000 ». Sa mission : coordonner l’activité des différentes directions au sein de l’Association pour qu’elle puisse « former 130 000 demandeurs d’emploi supplémentaires durant les 18 mois qui viennent ». Du sur mesure pour ce diplômé d’un DESS de psychologie, de 52 ans entrés à l’Afpa en 1997, en tant que directeur du Centre d’orientation professionnelle de Basse-Normandie avant d’être nommé directeur régional adjoint , puis directeur national en charge du développement du service public. Il ne sera pas seul sur le coup.

 

Les organismes privés de formation adhérents de la Fédération de la formation professionnelle (FFP) disent pouvoir former 150.000 demandeurs d’emploi supplémentaires en 2016. Et « pour que ces formations renforcent véritablement l’employabilité des personnes qui en bénéficieront, la profession appelle à “être au plus près des besoins des employeurs et des individus en évitant les stages-parking”. Pour cela, l’effort financier devrait être supérieur au milliard d’euros annoncé par l’État. La formation de 500.000 demandeurs d’emploi coûte aujourd’hui plus de 4 milliards d’euros par an.

 

Surtout, la FFP insiste sur le “respect total des règles de la concurrence dans l’attribution des marchés”. Tout en souhaitant que les parcours de formation soient fluidifiés afin de réduire le délai d’accès à la formation qui est aujourd’hui de 6 à 8 mois. Pour cela, la  fédération préconise : «  une forme d’auto prescription contrôlée, basée sur une validation a posteriori, pour permettre à Pôle emploi de concentrer ses efforts d’accompagnement sur les publics les moins autonomes. Les demandeurs d’emploi doivent pouvoir prendre l’initiative d’effectuer une formation, à la condition que l’organisme soit engagé dans une démarche qualité (OPQF, NF, ISO) et réponde à un certain nombre de prérequis. Elle suggère d’élargir les certifications pouvant être financées par le compte personnel de formation (CPF) pour permettre l’accès à des formations plus courtes et déconnectées du calendrier scolaire.