France Stratégie propose de créer un fonds européen dédié au financement individuel de la formation

Le bailleur pourrait porter le nom de Fonds Spinelli (sans doute en hommage à Altieri Spinelli, considéré comme précurseur de l’Union européenne). Il accordera des prêts individuels à tout citoyen européen qui  désire se former pour améliorer ses perspectives professionnelles. Les concours financiers privilégieront les métiers en tension et les compétences spécifiques recherchées par les entreprises. Une liste régulièrement réévaluée serait produite pays par pays afin de répondre aux besoins nationaux et locaux.

 

Les formations devraient également cibler les compétences de base et inclure la maîtrise des codes sociaux et des relations interpersonnelles. Un examen défini et mené au niveau européen viendrait enfin sanctionner les compétences acquises

 

Toute personne serait éligible à ce prêt formation mais quatre publics seront particulièrement ciblés : les chômeurs et les jeunes sans diplôme ; les étudiants qui souhaitent prolonger leurs études ; les personnes désirant changer de carrière ; enfin les réfugiés qui ont besoin d’acquérir des compétences nouvelles pour s’insérer sur le marché du travail du pays d’accueil.

 

Le Fonds Spinelli engagerait les individus sur le plan financier, mais sans les exposer au surendettement. Les formations seraient en effet financées par des prêts individuels dont le remboursement serait conditionné à l’accès à un emploi correctement rémunéré – au-dessus du salaire minimum à plein temps. Une personne sans capital financier ou social pourrait donc se former et changer ainsi de trajectoire de vie. Les organismes de formation, sélectionnés via un appel à projet européen, seraient payés seulement dans le cas où les bénéficiaires réussiraient leur examen final. Les personnes motivées et à même d’obtenir leur diplôme seraient ainsi privilégiées par ce système de double incitation, du côté des bénéficiaires et des organismes de formation.

 

France Stratégie préconise un fonctionnement, proche de celui du Fonds européen d’investissement : il s’agira emprunterait sur les marchés financiers en émettant des obligations. Les défauts de remboursement (personnes n’ayant pas décroché d’emploi après leur formation, ou un emploi insuffisamment rémunéré) seraient couverts par des fonds propres, rechargeables, dont une partie pourrait provenir de l’actuel Fonds social européen.

 

Le think thank gouvernemental estime que l’on pourrait ainsi financer 750 000 formations simultanément dans un pays comme la France. Cela se traduirait par une impulsion budgétaire de près d’un demi-point de PIB, sans peser sur le budget de l’État, tout en contribuant significativement à la stabilisation du pays.

 

Pour couronner le tout, cela  permettrait ainsi de réduire le taux de chômage d’environ 3 points en vitesse de croisière, et  d’accroître le PIB de 0,8 % en cumulé sur trois ans. Au total, dans un pays comme la France, 1,6 million de personnes pourraient en bénéficier sur une période de deux ans et demi.