Prime exceptionnelle : l’État employeur dos au mur

Luc Farré, secrétaire général de l’Unsa Fonction publique (photo)  a été le premier à s’étonner que le Président de la République n’ait ignoré les agents publics lors de son allocution du 10 décembre dernier. Il n’a pas annoncé la moindre mesure les concernant. « Pourtant, ils sont confrontés à un nouveau gel de la valeur du point d’indice depuis 2017, à l’instauration d’un jour de carence, au report d’un an de l’application de PPCR et ceci, concomitamment à la poursuite de la hausse annuelle de leur cotisation retraite ». Le patron des fonctionnaires Unsa réclame « une prime exceptionnelle comme celle préconisée aux employeurs privés ». Il demande aussi à l’État employeur de « mettre fin au gel du point d’indice et d’ouvrir une négociation pour revaloriser les rémunérations, en particulier celles des agents des catégories C et B ».

 

La secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, lui a emboîté le pas. « Il y a un sentiment d’injustice. Il serait quand même malheureux que l’Etat qui décide et qui demande aux entreprises de donner une prime à leurs employés ne le fasse pas, en tant que patron-employeur» dit-elle en substance. Avec un temps de retard, la CFDT s’est engouffrée dans la brèche, par la voix du numéro un, Laurent Berger.

 

Par un courrier commun adressé au duo de Bercy , Gérald Darmanin et Olivier Dussopt, ministres de tutelle, les organisations syndicales de fonctionnaires CGT – FP – FA FP, FSU et solidaires jugent « tout à fait insupportable » que les agents « dévoués au service public et à l’intérêt général, soient majoritairement exclus du champ de la discussion et des mesures envisagées ». Elles demandent la revalorisation immédiate de la valeur du point d’indice, l’attribution de points d’indice supplémentaires, un plan de rattrapage des pertes de pouvoir d’achat intervenues ces dernières années, l’amélioration des carrières, notamment féminisées et de la grille indiciaire ». Pour y parvenir, les signataires Jean- Marc Canon et Nathalie Makarski ( CGT), Bernadette Groison, Gaëlle Martinez (Solidaires), Bruno Collignon (FA-FP) assurent que leurs syndicats sont « disponibles pour une négociation sans délai ».