Handicap au travail : les préjugés reculent, mais un effort de formation et de recrutement reste à faire

A l’occasion de la Semaine pour l’emploi des personnes en situation de handicap qui débutera le 17 novembre prochain, CED (association regroupant une équipe d’experts du recrutement, de la communication et de la formation) dresse l’état des lieux des perceptions des Français à l’égard du handicap et de l’emploi au sein de cette population, grâce à une étude inédite réalisée par CSA. Elle révèle que les Français semblent à l’aise avec le handicap au sein des organisations.

Près de dix ans après la loi de 2005, venue renforcer la loi de 1987, imposant aux entreprises un certain nombre d’obligations en matière d’emploi et de handicap, la question semble être aujourd’hui bien acceptée par les Français. Les Français sont 94 % à penser que l’on peut exercer une activité professionnelle lorsque l’on est en situation de handicap, et 88% déclarent être à l’aise avec le fait de travailler avec une personne de cette catégorie. Même si une écrasante majorité reconnaît que les intéressés restent confrontés à des difficultés sur leur lieu de travail.
En tête des obstacles, un environnement non adapté, suivi d’une formation insuffisante des managers. Le regard (souvent condescendant) des collègues compte également. En outre, 64 % des personnes interrogées considèrent que les entreprises ne mettent pas en place les actions nécessaires pour permettre le recrutement des personnes en situation de handicap. Et il se confirme que le taux d’emploi des personnes en situation de handicap dans le secteur privé est de 3,1 %, loin des 6 % imposés par la loi. 

Preuve que les préjugés reculent, deux tiers des interviewés estiment qu’une personne en situation de handicap n’est pas moins productive qu’un collègue dit valide. Mieux, à compétences égales, une large majorité (59 %) affirme que le handicap ne jouerait pas dans leur décision s’ils étaient amenés à recruter. Toutefois, ces données sont à mettre en perspective, car près de 21 % des personnes en situation de handicap sont aujourd’hui au chômage, soit un taux deux fois supérieur à la moyenne nationale.

 

Plus de recrutements, moins de versements à l’Agefiph

Toutefois, on observe une réelle amélioration de la prise en compte du handicap au sein des entreprises. Neuf sur dix emploient directement ou indirectement des personnes relevant de cette catégorie. Pour preuve, le montant des cotisations à l’Agefiph a diminué de 7,4 % entre 2012 et 2013, au profit d’une hausse des embauches. Néanmoins, les entreprises font face au manque de qualifications. En effet, près de 80 % des personnes concernées n’ont pas le niveau bac.

Conclusion du CED : «La question du handicap est complexe et doit impliquer l’ensemble des acteurs concernés : les entreprises pour favoriser l’insertion des personnes en situation de handicap, l’enseignement supérieur pour valoriser les formations, les associations pour accompagner les candidats et les organisations, les autorités publiques pour garantir le cadre administratif et légal, les Français pour continuer de faire évoluer le regard sur le handicap ».