Harcèlement et violences au travail : les leaders syndicaux veulent une norme internationale précise

Consultés par Matignon sur les préconisations de la France en vue de l’élaboration d’une norme internationale contre le harcèlement et les violences, les syndicats trouvent le projet gouvernemental tiède. Ils réclament la reconnaissance spécifique des dérives liées au genre.

Les leaders de quatre confédérations (Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, son alter ego de la CFDT, Laurent Berger , ainsi que Jean-Claude Mailly [FO] auxquels s’est joint le président de la CFTC , Philippe Louis, adressent au Premier ministre et au ministre du Travail, un courrier commun dans lequel ils demandent à l’exécutif de faire en sorte que la France exerce « ses responsabilités pour assurer une meilleure protection des droits fondamentaux des travailleuses et travailleurs du monde ». Ils sont en désaccord avec les services de Matignon qui évitent toute allusion directe aux dérives spécifiquement fondées sur le genre.

 

Les leaders syndicaux demandent aux décideurs politiques d’appuyer sans ambages la reconnaissance des violences faites aux femmes. « Les violences et le harcèlement touchent spécifiquement les femmes. Les chiffres en attestent: 20 % des femmes disent avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail1, près de 10 viols ou tentatives de viols sont commis chaque jour sur un lieu de travail en France2. Les violences fondées sur le genre ont aussi une nature particulière: elles s’inscrivent dans des rapports de domination. C’est pourquoi les acteurs sociaux ont choisi de consacrer un chapitre particulier de l’accord national interprofessionnel de 2010 contre le harcèlement et les violences aux violences contre les femmes, écrivent les dirigeants des confédérations.

 

Avant de conclure : “Refuser d’identifier spécifiquement les violences fondées sur le genre constituerait un changement de position très regrettable. Ce recul serait d’ailleurs bien incompréhensible à l’heure où le Président de la République a chargé le gouvernement de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une grande cause nationale, et a annoncé une nouvelle loi sur les violences sexuelles”.