Hôpitaux publics : la peur d’une pénurie de médecins ne se vérifie pas

Redoutée au point d’inspirer des plans d’attractivité, la pénurie supposée de praticiens hospitaliers ne résiste pas à l’analyse statistique. Une étude de la revue Questions retraite & solidarité, publiée sous l’égide de la Caisse des Dépôts, montre que le nombre de médecins augmente dans les hôpitaux publics, bien plus vite que les départs en retraite.

Oui, il y a un relatif vieillissement de la profession, et elle se manifeste par la croissance du nombre de départs en retraite depuis plusieurs années, malgré la part significative de ceux qui jouent les prolongations et bénéficient d’une surcote. L’âge moyen de départ des nouveaux retraités étant de 65 ans et 4 mois.

 

Mais non, il n’y a pas risque de pénurie, même pas de baisse de la population des praticiens hospitaliers. L’effectif a augmenté de près de 18 % entre 2006 et 2016. « Les départs ont été plus que compensés par les recrutements », souligne l’étude. Dans le même temps, le profil type évolue : le métier se féminise rapidement et la carrière au sein des établissements publics tend à être un peu plus courte malgré une augmentation des âges de départ à la retraite.

 

Les auteurs de l’étude estiment que la tendance devrait se poursuivre, grâce au plan « attractivité de l’hôpital public » de 2017 qui vise à attirer les jeunes médecins et à les fidéliser. Ce plan est la continuité du mouvement déjà amorcé en 2009 avec la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires.