Il est urgent de débloquer l’ascenseur social, alerte un rapport de l’OCDE

Des mesures s’imposent pour s’attaquer aux blocages de l’ascenseur social. Ce ne sont pas les syndicats qui le réclament, mais l’OCDE qui le recommande aux États membres.

L’organisation part d’un constat : « les inégalités de revenu se creusent depuis les années 90, la mobilité sociale marque le pas : les personnes situées au bas de l’échelle sont désormais moins nombreuses à grimper les échelons, tandis que les plus riches conservent, dans une large mesure, leurs privilèges. Or les effets d’une telle situation sur le plan économique, social et politique sont très dommageables ».

 

L’étude publiée ce 15 juin est formelle : au rythme actuel de l’évolution sociale, avec un ascenseur en panne, il faudrait au moins cinq générations, voire 150 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE pour que les enfants de familles modestes parviennent à se hisser au niveau du revenu moyen. La situation est pire en France où il faudrait six générations au moins pour combler le gap.

 

En France, 35 % des hommes dont le père a de faibles revenus d’activité connaissent la même condition, une fois adultes. Seuls 15 % parviennent à sortir du lot. À l’inverse, 40 % des personnes nées dans des familles aisées ont des revenus élevés. Autre indication : les enfants de cadres ont deux fois plus de chances de le devenir à leur tour que les que ceux élevés dans des familles ouvrières. « Dans l’ensemble, la France affiche la mobilité relativement faible par rapport aux autres pays », notamment en matière de revenus du travail ».

Bons élèves, les pays nordiques pourraient combler le fossé plus vite, cela pourrait prendre deux à trois générations seulement, tandis que dans certaines économies émergentes, ce processus pourrait se dérouler sur neuf générations ou plus.